ce jour demeure
dans les brumes
d’un paysage intérieur
la pluie battait
contre les carreaux
le long des murs
des fleurs montaient
sans bruit
en silence
nos âmes se nouaient
l’une à l’autre

Yota Yioshida
morceau d’une chose qui a été déchirée
à l’envers
la dent du chat frémit
sur l’eau grise
d’une roselière
surgit le nez d’un canot
engourdi
d’un bosquet
de chênes rourvres
j’imagine
la maison du poète
qui ne pissait
que l’eau claire

Andy Denzler
sa voix
souffle l’ombre
et la clarté
une simple feuille
tombe
cela lui suffit
pour qu’elle rende
au monde
son invisible beauté
et dans le silence
de l’après
il reste
encore cette prière
qui ne finit pas
Hineni
Hineni

ce profil
à la lueur de la lanterne –
on dirait
le motif d’un poisson
peint sur une porcelaine
je tends l’oreille
une voix murmure
dans une langue étrangère
je tourne la tête
le motif s’efface
avant que
la lumière s’éteigne
.
papier
de cellulose
en pure pâte
vierge
doublé
sur l’épaisseur
et soufflé à l’air chaud
avec un mandrin
exempte de tout parfum
qui aisément
disparait
dans l’eau des broyeurs
ou des fosses
septiques