Montmartre

 

indifférente

à la foule

qui languit

sur le garde-corps


tu te hisses

pour saisir du regard

tout Paris                  


au loin

l’hydre engloutit

l’horizon


la ville –

dis-tu

n’en est que plus

belle

tv5

Vertige



d’où vient

cette eau qui coule

sur mon visage


et qu’est-ce

le vent murmure

à mon oreille


allongé

sur le dos

je découvre le poids

de la pierre


la nuit

ne pèse presque

plus rien

Takashi Shuji

Mourir d’aimer




allongée

sur le côté


tu grattes

les peaux mortes

de cette jambe

efflanquée


sous les doigts

quelque chose se détache


une lumière blanche

passe

entre les volets

nos ombres se sont retirées


derrière la cloison

on entend un pas feutré –


quelqu’un s’approche

sans entrer

tv5

Image Edward Hopper

Imagine

 .

le gout aigre

d’un café

enroulé

sur lui-même

 .

there’s no countries

 .

tes doigts

crochés

à une prise

de tabac

.

It isn’t hard to do  

.

sur le mure

ce bord de mer

rincé

à l’aquarelle

.

Nothing to kill or die for

.

nos regards

plongeant

de part et d’autre

de l’horizon

.

And no religion too

Image www.virusphoto.com/

La (mauvaise) conscience


cette ombre

assise

sur une souche rouillée

je fais un pas


tout cela

appartient au rêve

je le sais


mais ce visage

osseux

et ces lèvres fines


je les connais

La vie de famille



l’habituel

pas de deux

sur la faïence écurée


les pieds

d’abord se croisent

les regards se heurtent


un éclat de voix

puis les mots jetés

au visage


ces motifs

répétés à jamais

Miro

 

Maisons


de ta bouche

la fumée qui grossit

le frimas parisien


ciel de novembre


l’acier grince

et sous le ventre

des chevaux de bois

s’enroule l’herbe grise


la robe ivoire

du demi-sang

qui t’emporte ailleurs


ce regard halluciné

terrain-vague

Spleen

.

ni le ciel

par instant

quand la porte

s’ouvre


ni la voix

feutrée

de la femme

au verso


ni le rose

des épices

au fond

de l’assiette


ni l’or

du silence

trouvé

en chemin

tv5

Terres froides

.

si infime

paraît ce corps

quand il erre

dans l’épaisseur

des songes

bouche bée

il respire –


fleur

parmi les fleurs

de l’autre

vallée