Névrose

sous la lune

qui perce au vent

un vieux chêne

montre ses fesses

seize heures

des enfants rient

dans l’herbe jaune

non loin

en cercle leurs mères

délibèrent –

d’un buisson

soudain

le cri roux d’un chien

sans nom

tv5

Image Michel Berberian

Sur un quai


ce doux profil

à la lueur d’une lanterne –

on dirait le motif

d’un poisson

brossé sur de la porcelaine

mais voilà que

soudain le motif murmure

des mots

dans une langue ancienne

à peine soufflée

tv5

Image Michel Berberian

Le lotus rose

.


papier

de cellulose

en pure pâte

vierge

doublé sur l’épaisseur

et soufflé à l’air chaud

avec son mandrin

exempte de tout parfum

qui aisément

s’éteint dans l’eau

des broyeurs

ou des fosses

septiques

Vu d’en haut

.

un pavement

polychrome

avec de longs fils de soie

sur lesquels fièrement

montent de petites chiures

mordorées

le vermeille des toits

des flaques de terre sombre

et à l’écart

un petit carré

qui se réchauffe au soleil –

sans doute

le cimetière

terrain-vague

Image Moebius (alias Jean Giraud)

Montmartre

 

indifférente

à la foule

qui languit

sur le garde-corps

tu te hisses –

ma belle

pour saisir du regard

tout Paris

soleil de mars –

l’hydre engloutit

l’horizon

et la ville –

dis-tu

n’en est que plus

belle

tv5

Vertige


d’où vient

l’eau qui coule

sur mon visage

et pourquoi

ces doux murmures

à mon oreille

mon corps

sur l’herbe détrempée

pèse la pierre

la nuit

est pleine de phares

et de cris


on dirait une mère

qui voudrait

reprendre un petit

Takashi Shuji

Mourir d’aimer



allongée

sur le coté

tu grattes

les peaux mortes

d’une jambe efflanquée

une lumière blanche

filtre à travers les volets

nos ombres sont

inapparentes

nous entendons

de temps en temps

le bruit d’un pas feutré

derrière la cloison

tv5

Image Edward Hopper

l’Homme-marron


le ciel

ne retient rien

ni la chaleur ni l’ombre

des nuage


le vent hésite

entre deux rives

à chaque fois

il oublie l’adresse


l’homme

surveille le fleuve

la picolette elle

chante dans sa cage

 

Imagine

 .

le gout aigre

du café

enroulé

sur lui-même

 .

there’s no countries

 .

ses doigts

crochés

à une prise

de tabac

.

It isn’t hard to do  

.

un bord de mer

en suspens

rincé

à l’aquarelle…

.

Nothing to kill or die for

.

nos regards

plongeant

de part et d’autre

de l’horizon

.

And no religion too

Image www.virusphoto.com/

La (mauvaise) conscience

sous les platanes

une ombre

assise sur une souche rouillée

il pleut

les années passent

sans qu’une feuille ne tombe

l’ombre fait

un pas –

à l’égal du mien

son visage osseux

et ses lèvres fines