longtemps
je t’ai porté
comme un ciel
de braise
dans la bouche
tu ne brûlais pas
tu ne comptais pas
tu éclairais
juste assez
dans les rues
sans visage
dans la nuit
qui gagnait parfois
sur nos voix

Erwin Olaf
longtemps
je t’ai porté
comme un ciel
de braise
dans la bouche
tu ne brûlais pas
tu ne comptais pas
tu éclairais
juste assez
dans les rues
sans visage
dans la nuit
qui gagnait parfois
sur nos voix

Erwin Olaf
Tu l’as laissée
rider par le vent
qui ensable.
Montagne désormais dans le pré.
Parfois
le vent s’ébruite
à son propos. Il ne sourd
que pour toi.
(On ne dit qu’au matin les pêchers d’avril
pleurent des étincelles de froid.
Il se peut.
Danièle Faugeras
la pie
fait ses pas coupés
comme si le temps venait
à lui manquer
bientôt
la lumière tombera au sol
se brisera
elle perdra ce vert
ensemble
que nous avons tant
aimé

Patxi Laskarai
Je regarde les oiseaux
Tracer leurs lettres d’argent
C’est toujours l’heureux
Toujours une cloche qui sonne
Et quelque fois
Quand le soleil l’emporte
Je m’assieds dans ce livre
Comme dans une maison
Véronique Wautier
Chiarra Benzi
je pars
vers un lieu
où la voix n’appelle plus
rien de certain
le passage
est nu
plus juste peut-être
le vide immense
mais le désir appelle
la lumière
et je veux apprendre
sans appel
à me tenir plus près
de ce qui me traverse

Édouard Taufenbach
Vers qui suis-je partie ?
Je n’entends plus l’appel
d’un nom ou d’un visage.
Il me suffit ici
d’une saison sans roses,
d’un beau temps de péril,
d’une pénurie grande,
d’un désir si brûlant
que l’espace y prend feu.
Anne-Marie Kegels
Valérie Belin
je n’habite
plus tes bras
ni ce lieu impossible
à faire exister
certes
je t’entends encore
respirer
mais ce souffle s’éloigne
comme une eau
sur la rive
qui ne revient
jamais

Francesca Woodman