Objets

 

une chaise paillée

 avec des petites tables

en bronze

.

également

une collection de vieux livres

rangés par pile

.

il faudrait un voile pour ici masquer

la couleur du  jour

 .

un lampadaire branlant

et deux tirages en noir et blanc

dans un cadre clair

.

un homme qui prie

sous un buisson ardent et une grappe d’enfants

accrochés à des grilles

.

telle est la pièce

vois-tu dans laquelle

j’attends

 

Boris Mikhailov

Réveil

 

sous le vent

le frisson des feuilles mortes

avec un vol d’oiseaux qui occupe

le ciel

jalousement

mutité

du jour qui se lève

l’air est frais

il reste des braises

mais l’éloignement apaise

la durée

 

 

Vadim Solovyov

Prison

 

Toutefois reste le vent dans les os

et le vent partout

lorsque la mer se retire

.             et que tu crois – mais un instant seulement ! –

que tout s’arrête là

et que tu fermes les yeux en attendant

de ce monde

ou d’un autre peut-être

un signe différent

.                     un réveil assuré

d’une possible béatitude, un jour

 

Roberto Veracini

Harry Gruyaert

 

Presque un souvenir

 

l’œil boit

la saison qui s’achève

 

il boit le ciel

les arbres et le fruit

 

les voix chères

les visages

 

il boit l’abondance

ou le manque d’envie

 

aussi les lumières

qui défont la nuit

  Pierro Percoco

(de) Neiges : on ne voit que dehors

 

Se laisser tel            à proximité du corps

         de l’autre du corps

– en avant des mots –


qu’en lui on ne voit rien

que si à l’étroit        on ne voit que dehors


et s’il s’ouvre           et reste ouvert

il ne signale que son parcours

comme il renouvelle la nuit


.                                              qu’il convoite

 

Pierre-Yves Soucy

Noah Wilson

 

 

 

Pluie la nuit

 

Quelque chose ment que je t’ai perdue,

je le croirais presque.

Il fait maussade et de l’humilité tout plein.

Le cœur se cabre,

l’œil brûle.

De larme aucune.

En pleurs n’est que la nuit dehors.

Isolement.

 

Texte et image de Paul Klee

Après que la blancheur

 

au matin

l’œil revient à ce qu’il a

de plus cher puis il échappe

au gardien

toujours

ce même appel

un creux sans cesse

 

la chose qui tord

l’intérieur

 

l’hiver au début

Gyula Halász alias BrassaÏ

 

Poésie du chien

 

à l’heure dite

le corps solaire ne suffit plus

 

grise est la lumière

l’envers vaut l’endroit

 

et au vent monte

la belle odeur des pierres

 

le silence aussi

.                       on voit

le silence

déplier une aile par-dessus

les toits

Maude Schuyler Clay