la nuit
se déplie
et rend l’œil
à sa propre lumière
je n’ai rien
à vouloir de plus
je suis
le lent détour
du rêve
un visage me regarde –
on dirait
le tien

Jonathan Bertin
Un chemin qui est un chemin
sans être un chemin
porte ce qui passe
et aussi ce qui ne passe pas
Ce qui passe est déjà passé
au moment où je le dis
Ce qui passera
je ne l’attends plus je ne l’atteins pas
Je tremble de nommer les choses
car chacune prend vie
et meurt à l’instant même
où je l’écris.
Moi-même je m’efface
comme les choses que je dis
dans un fort tumulte
de bruits, de cris.
Jean Tardieu
Erwin Olaf
la boue
contient
encore un peu de ciel
les arbres hésitent
à reprendre place
chaque pierre
attend une main
traversant
je respire
un peu comme on ment –
juste assez
pour que la ville nous
revienne

Sara Silk
Mosaïque des champs de maïs
les épis poussent dorés par la lumière
Dans l’escalier
ses pas réveillent les flamboyants
Cœur de feu,
pétales couchés par le soleil
Le sang monte des talons
jusqu’à la fleur des cheveux
Alberto Blanco
François Baron Renouard