la transparence
étrange de cette vitre
traversée de pluie
la rue se brouille
les arbres semblent pousser
plus loin
je ne bouge pas
me voici
rendu à moi-même
sans autre parole
que celle
de l’eau qui tombe

Paxti Laskarai
la transparence
étrange de cette vitre
traversée de pluie
la rue se brouille
les arbres semblent pousser
plus loin
je ne bouge pas
me voici
rendu à moi-même
sans autre parole
que celle
de l’eau qui tombe

Paxti Laskarai
les oiseaux sont
remplis de mousse sur les arbres
les arbres sont en carton
metríste mékhri to tría
il ne faut pas s’appuyer sur les arbres
il ne faut pas s’adosser aux murs
il faut retenir son souffle
jusqu’à voir des couleurs
Alban Kacher
Baya (Fatma Haddad)
j’ai marché tôt
avant que le jour
ne pèse
l’ombre
était mince
elle suffisait
je n’avais rien
à offrir
rien à partager
le silence était
joyeux
je laissais venir
ce qui venait

Claire Adelfang
Nous froissons
un murmure
sans y prêter
plus d’attention
encore un pas
doucement
pour se laisser
soulever
jusqu’aux feuilles
s’approcher
de l’éternité
Anne-Lise Blanchard
Olivier Debré
le vent d’orage
feuillette
l’arbre qui tremble
le ciel gris
entre les branches
une ombre
soudaine –
un oiseau nerveux
frôle
nos regards

Léonard Bourgois-Beaulieu
Tout le monde sait que je disparais
sauf toi.
Je dors à tes côtés, et la nuit je sors
du lit en laissant mes jambes près de toi.
Ce qui est sûr, c’est que je disparais
mais avec toi
(du moins laisse-moi le croire !)
Je suis la perle qui créée son âme rugueuse
et triste.
Carmen Boullosa
Hajime Kimura