une lueur
jaune
sous la porte du soir
peut-être
une âme en peine
peut-être
un léger trouble
du regard
la lueur
soudain s’éloigne
qui sait
si le cœur invente
ou se souvient

Kyle Tomson
une lueur
jaune
sous la porte du soir
peut-être
une âme en peine
peut-être
un léger trouble
du regard
la lueur
soudain s’éloigne
qui sait
si le cœur invente
ou se souvient

Kyle Tomson
à la manière
dont tu tiens ton verre
je sais
que tout est déjà dit
la nuit jette
des éclats de lune par-dessus
la terrasse
dans l’ombre
court le bruit d’un moteur
le vent faiblit
nous ne sommes
rien de plus

Adèle Berthelin
Un monde autour d’elle comme une ombre
Elle déplace une chaise.
Quelque chose se crée –
Se prépare
Clair devant elle comme en plein air
L’espace qu’une femme engendre et emplit
Après toutes ces années
J’écris encore
Naturellement, sur ton visage
Tes grands et beaux
Yeux bleus
À travers l’ensemble de ma vision mais l’éclat de la chair
Les yeux bleus
Dans les itinéraires souterrains, dans les pluies fines
Les profils.
Georges Oppen
Lee Miller
dans sa chute
la lampe découpe
une ombre claire
contre le mur
la chambre
vacille
un visage
peut-être
ou le souvenir
d’un visage
vient soulèver
ma bouche
Nia Diedl
un nom
cède
dans le heurt du jour
âpre
presque un cri
ce nom
me prend la bouche
comme si la nuit remontait
soudain
jusqu’aux lèvres

Francesca Woodman
puisque
le ciel s’éloigne
sans attendre
je laisse à la nuit
ce qui reste
de mémoire
qu’elle en fasse
ce qu’elle veut
des chemins d’ombres
sous de vieux chênes
ou des traits de lumière
au besoin
qui pourront traverser
le fond des rêves

Alexandre Silberman
J’ai grandi avec l’espace
Les voix sont simples
Parfois j’emprunterais
Les mots des poètes
Tu es là
Je suis là
C’est chez toi
Que tu me fais
Entendre la terre
Joséphine Bacon
Jean Paul Riopelle
parfois
j’entends la nuit
respirer
dans le coin nu
de la chambre –
peut-être
n’est-ce qu’
une ombre éteinte
un silence
ouvert
ou mal refermé

Shuji Takashi