elle ajoute
un oiseau
dans la doublure
de sa veste
une poignée de graines
pour son propre
sommeil
à la saison des orages
dit-elle
il en est toujours un
qui ouvre
la cage et s’échappe
dans le jardin

Holger Hoffmann
elle ajoute
un oiseau
dans la doublure
de sa veste
une poignée de graines
pour son propre
sommeil
à la saison des orages
dit-elle
il en est toujours un
qui ouvre
la cage et s’échappe
dans le jardin

Holger Hoffmann
Comment quitter le lac ?
Comment trouver un élément plus ferme
auquel s’accorder ?
On avait travaillé une route au cœur des nuits
froides. On avait élu domicile aux antipodes.
Le moteur tournait, mais la voiture ne quittait
jamais le lieu, des sapins avaient poussé dans
l’habitacle. Le lac persistait derrière la vitre,
avec son charme de premier abri.
Anna Milani
Yves Lacroix
ici commence
le poème
à l’endroit même
où la veille
il n’y avait que vide
et poussière
son visage
n’est pas promis
son nom
écrit nulle part
mais
dans la blancheur
de l’air
quelque chose
avant la voix
appelle

Bertrand Delais
l’ombre
dans le pli du jour
frôle le mur
la table
puis se répand
comme une eau froide
au fond du lit
je m’allonge
avec elle
sans rien dire
le drap attrape un peu
de nuit
le silence
parait toujours plus vaste
que le sommeil

Kathleen Meier
des maisons
ici
et là se tiennent
fenêtres ouvertes pourquoi
ne se demande
pas un seul
passant
est-ce que je ne saute
pas
dans la vie
des espaces
Eva-Maria Berg
Gerd Luwig
Sans me regarder
ma mère me voit
tel un paysage
où elle n’aurait pas grandi
« Tu es l’image
de ton père
dit-elle
en me lavant
comme un mort »
Mes os
radeaux de sauvetage
glissaient dans le sang
Anise Kolz
Kylet Thomson
le ciel
oui
mais creusé
par d’autres mains
que les nôtres
je reviens
comme on vient
la première fois
transi
avec un peu de froid
sur les lèvres
ne sachant
si c’est l’air
plus vif
ou la distance
qui me rend
à moi-même

longtemps
je t’ai porté
comme un ciel
de braise
dans la bouche
tu ne brûlais pas
tu ne tarissais pas
tu éclairais
juste assez
les rues sans visage
la nuit
quand elle gagnait
parfois
sur nos voix

Erwin Olaf