la boue retient
encore
un peu le ciel
les arbres
hésitent
à reprendre place
chaque pierre
attend sa main
je respire
à peine –
juste assez
pour que la ville
revienne

Sara Silk
la boue retient
encore
un peu le ciel
les arbres
hésitent
à reprendre place
chaque pierre
attend sa main
je respire
à peine –
juste assez
pour que la ville
revienne

Sara Silk
Mosaïque des champs de maïs
les épis poussent dorés par la lumière
Dans l’escalier
ses pas réveillent les flamboyants
Cœur de feu,
pétales couchés par le soleil
Le sang monte des talons
jusqu’à la fleur des cheveux
Alberto Blanco
François Baron Renouard
Je me souviens
de poèmes sauvages
peu nombreux
telles des plantes nouées
qui naissent
sous la véranda
je les récite
sans bouger les lèvres
sous l’eau
ma peau a changé
je ne crois pas aux baisers
Elise Turcotte
avant
de tendre la page
au regard d’un autre
je me plie
à la forme qui cherche
à naître
l’oiseau
là-haut
déjà échappe –
peut-être
a-t-il déjà atteint
le jardin
que nos yeux ne peuvent
connaitre

Il y a longtemps
nous fumes
avec la chevelure
et le serpent.
Nous avions inventé
des fables
superposé
les promesses
célébré l’alliance
voulu peindre
l’encre et le rose
Esther Tellerman
Dominique Cahier
à force
quelque chose
s’ajuste
au pas des pierres
je marche là
dans le vent
non pour advenir
mais pour garder
ce mouvement
sans entrave
et sans poids
ainsi
le temps
devient presque
habitable

Grade Salomon
je fouille
sans précaution
dans l’angle mort
de l’absence
j’y trouve
une mer encore vive
l’élan soudain
aussi l’errance
le gisant
d’une langue lasse
des pans de lumière
sans halo

Francesca Woodman
tes yeux
ouvrent une forêt
dans la nuit
je m’y guide
lové
dans le pli de ta voix
c’est un frisson
un feu discret
presque rien –
qu’à jamais
ainsi la lumière
ne la retienne

Lou Tsatas