dans l’air
tremblé
le jour s’éloigne sans
se retourner
je vous imagine
longeant la rive
le vent derrière vous
la lumière baisse
les arbres reprennent
leur ombre
je vous attends là
comme un chien
au moindre bruit qui lève
la tête

Jack Davison
dans l’air
tremblé
le jour s’éloigne sans
se retourner
je vous imagine
longeant la rive
le vent derrière vous
la lumière baisse
les arbres reprennent
leur ombre
je vous attends là
comme un chien
au moindre bruit qui lève
la tête

Jack Davison
Tu vas rêver à la fenêtre
Vivent les toits de Paris sous la pluie
Et les pigeons ?
Mauve à leur cou, gris de la taule
Le fer forgé en arabesques
Amie, les nuages avant Noël
Avant le soir
Je me souviens de ta chambre au septième étage
De ce café soluble au goût fumé
De la petite lampe sur la table
Ariel Spiegler
Dora Mar (vers 1926)
la terre s’ouvre
à peine
et le chemin
pousse sous mes pas
je vais
sans regarder
où cela mène
je suis
et la terre avance avec moi
soudain
le rêve se resserre
lentement
les arbres se rapprochent
je m’arrête
il me semble
reconnaitre quelque chose
mais quoi

Dirk Wüstenhagen
la transparence
étrange de cette vitre
traversée de pluie
la rue se brouille
les arbres semblent pousser
plus loin
je ne bouge pas
me voici
rendu à moi-même
sans autre parole
que celle
de l’eau qui tombe

Paxti Laskarai
les oiseaux sont
remplis de mousse sur les arbres
les arbres sont en carton
metríste mékhri to tría
il ne faut pas s’appuyer sur les arbres
il ne faut pas s’adosser aux murs
il faut retenir son souffle
jusqu’à voir des couleurs
Alban Kacher
Baya (Fatma Haddad)
j’ai marché tôt
avant que le jour
ne pèse
l’ombre
était mince
elle suffisait
je n’avais rien
à offrir
rien à partager
le silence était
joyeux
je laissais venir
ce qui venait

Claire Adelfang