Je regarde les oiseaux
Tracer leurs lettres d’argent
C’est toujours l’heureux
Toujours une cloche qui sonne
Et quelque fois
Quand le soleil l’emporte
Je m’assieds dans ce livre
Comme dans une maison
Véronique Wautier
Chiarra Benzi
Je regarde les oiseaux
Tracer leurs lettres d’argent
C’est toujours l’heureux
Toujours une cloche qui sonne
Et quelque fois
Quand le soleil l’emporte
Je m’assieds dans ce livre
Comme dans une maison
Véronique Wautier
Chiarra Benzi
je pars
vers un lieu
où la voix n’appelle plus
rien de certain
le passage
est nu
plus juste peut-être
le vide immense
mais le désir appelle
la lumière
et je veux apprendre
sans appel
à me tenir plus près
de ce qui me traverse

Édouard Taufenbach
Vers qui suis-je partie ?
Je n’entends plus l’appel
d’un nom ou d’un visage.
Il me suffit ici
d’une saison sans roses,
d’un beau temps de péril,
d’une pénurie grande,
d’un désir si brûlant
que l’espace y prend feu.
Anne-Marie Kegels
Valérie Belin
je n’habite
plus tes bras
ni ce lieu impossible
à faire exister
certes
je t’entends encore
respirer
mais ce souffle s’éloigne
comme une eau
sur la rive
qui ne reviendra
jamais

Francesca Woodman
chambre
en friche
au bord du fossé
ni signe
ni promesse
seule
une ombre
appuyée contre un mur
muette
la lumière s’éteint –
quelque chose
comme une parole
revient

Kathleen Meier
En quelle nuit
de mon sommeil as-tu
bu jusqu’à l’ivresse à la source
qui jamais ne tarit, en quelle
nuit où je dormais ?
Ô sombre, sombre ta livrée
Plus noire que la nuit.
Notre douleur est ta tendresse,
et maladroit ton chant
emplit la rue, ô matinale
soulé. En quelle nuit de mon sommeil
emplit notre destin
l’oraison ivre de celui-
là qui sans avoir précède
oiseau de midi pour la seconde mort
Gérard Bayo
Andoni Beristain