Le dénouement

.

par petits bouts

le vent te disperse

dans le ciel d’été

.

après

ce sont des choses

d’une grande banalité

de place en place

.

ces lettres attachées les unes

aux autres

.

les images que l’œil cherche

à fourguer

Will Hooper

Subside

.

dans le lieu

où la voix n’est plus

.

ne peut plus être

le venir tombe

des mains

de quelques mots écrits

sur le verre

indubitablement

se produit

ce que le corps ne parvient

à défaire

.

et l’ombre à nouveau

de manifester

entière

.

de qui la vie s’abime

on pressent

quelquefois le néant

Martha Skiro

(de) Dormir sept ans

.

Tu as laissé ton corps

arrêté quelque part

bien des années

avant déluge,

désastre.

Mais tu fais semblant

de rire et de bouger,

quand la vie est absente

.

Jacques Izoard

Myriam Marlène Waldner

(de) Les signes sont là

.

Il me faut une assise

peu importe dans quel élément

Si je pouvais trouver en l’homme

la fibre à laquelle m’agripper

Si ma tête

était moins lourde à porter

Si le verre

aidait vraiment à oublier

Si l’amour

S’avérait enfin prophétique

.

Et si la seule assise

n’était que dans le si…

.

Abdellatif LAABI

George Byrne

De nouveau en 90

.

Ai rêvé que j’ai fait deux cent kilomètres pour rien.

Lorsque tout a grandi. Des moineaux gros comme

des poules

qui chantaient à vous crever les tympans.

Ai rêvé que je dessinais les touches d’un piano

sur la table de la cuisine. Sur lesquelles je jouais, en

silence.

Les voisins entraient pour m’écouter.

.

Thomas Transtromer

Makoto Fukui

Matière lunaire

.

au bout du chemin

l’esprit devient ce que

le ciel observe

visage

après visage

.

en silence

irraisonnable

à épier un nom

quand ce n’est pas l’enfant

qui joue dehors

.

à moi-aussi

la terre manque

que sa propre tête

et des étoiles qui partent

au vent

Kavavawao Mannome

Agony

.

vois l’ombre que

la lune continue

de blanchir

.

qui marche

sur l’été pour trouver

un lieu commun

.

sans cesse la voix

de l’être qui manque

la maison perdue

.

et l’avant

qu’il faudrait fondre pour

épuiser la force

Toshio Okamato

(de) Le Temps au crible

.

C’est derrière la vitre

que tout se joue et se dévoile :

un jardin et sa haie,

un pommier presque en fleurs

et les rumeurs qui bruissent :

tout se joue et s’évanouit

comme le monde à portée de souffle

perdu dans le regard inaccessible

et pourtant si proche

.

Max Alhau

Noah Kalina

La pluie

.

Sa vieille

Âme

Grégaire


Chaque

Goutte

Tombée

Est la masse

D’une autre

Est l’abîme

D’une autre

Comme un miroir

Se regardant

A l’infini

.

Gilbert Trolliet

Skurktur

Vient la nuit

.

assis

sur un banc

le corps enroulé dans la lueur jaune

mollement

jusqu’au chant du dernier oiseau

ailleurs

rien ni personne attend

juste le frisson des feuilles

et la ville qui s’éloigne

dans un silence

à moitié

Margherita Chiarva