qui es-tu toi qui tapes sur la porte chaque
matin chaque
soir
si fort que ton corps s’endolorit mais tu
me terrifies dans cette non-volonté de ne plus souffrir.
Anne Barbusse
Bieke Depoorter
qui es-tu toi qui tapes sur la porte chaque
matin chaque
soir
si fort que ton corps s’endolorit mais tu
me terrifies dans cette non-volonté de ne plus souffrir.
Anne Barbusse
Bieke Depoorter
une autre façon
de lever
les yeux au ciel
serait
de laisser passer
les nuages au-dessus
de nos têtes
sans chercher
à savoir d’où ils viennent
ni où ils vont
simplement
les regarder
jusqu’au moment
où quelque chose
en nous
commence à bouger

David Amstrong
le soleil
tient dans la paume
du soir
il garde
avec lui
le peu de couleur
qui tenait encore aux choses
lentement
les formes s’effacent
les arbres se confondent
à la nuit
c’est un soir
comme un autre
je suis là
seul
je règne
en ce qui demeure

Ella Bats
ces fleurs
sur le rebord –
la lumière
les traverse
comme si le matin
leur appartenait
je reste
un long moment
à les dévisager
quelque chose en moi
se desserre
je respire
sans trop y penser

Bertrand Delais
dans l’air
tremblé
le jour s’éloigne sans
se retourner
je vous imagine
longeant la rive
le vent derrière vous
la lumière baisse
les arbres reprennent
leur ombre
je suis
ce chien allongé
au moindre bruit
qui lève la tête
j’attends

Jack Davison
Tu vas rêver à la fenêtre
Vivent les toits de Paris sous la pluie
Et les pigeons ?
Mauve à leur cou, gris de la taule
Le fer forgé en arabesques
Amie, les nuages avant Noël
Avant le soir
Je me souviens de ta chambre au septième étage
De ce café soluble au goût fumé
De la petite lampe sur la table
Ariel Spiegler
Dora Mar (vers 1926)
la terre s’ouvre
à peine
que le chemin
pousse sous mes pieds
je vais
sans regarder
où cela mène
je suis
et le sol avance avec moi
soudain
le rêve se resserre
lentement
les arbres se rapprochent
je m’arrête
il me semble
reconnaitre quelque chose
mais quoi

Dirk Wüstenhagen