« Über allen Gipfeln ist Ruh »

 

La lune s’envase

jusqu’aux yeux

elle est à peine visible

 

je veux la guetter

écorcher son ventre blanc

et la préparer

 

sa viande a la saveur

du poisson de mer

 

Anise Koltz

image-e1448366370628 Ade Adekola

 

 

Crépuscule

 

à peine un mot

ce mot et tu tournes

le dos.

Pour te fondre

arbre

parmi les arbres

dans les eaux noires

de la rivière.

Sans autre effet

que la croix gravée

sur ton épaule

blême

 

tv

image-e1448366370628Gus Powell

 

Instants qualifiés

 

Sanguine issue

D’un très beau jardin

Mourant au nord,

 

De colline en colline

Espère la mer

 

Fibre violette

Au cœur de l’orange.

 

Jean Tortel

Shane Lynam

Emmanuel Carrère

« Plus j’aboutis à quelque chose d’éloigné de mon point de départ, plus je me dis que ça valait le coup d’y aller. Il y a ceux qui tiennent à faire ce qu’ils ont voulu faire, et ceux qui espèrent faire quelque chose qu’ils n’avaient pas voulu faire. Que ce soit en écrivant de livres ou des films, tout le processus pour moi, est d’attendre de l’inattendu, d’espérer de l’inespéré. »   Emmanuel Carrère

Mais rien

 

Un même pan ferme le coin

Où l’air libre s’étend

Autour la corde glisse

Et l’eau monte

La pluie descend

Un homme tombe de fatigue

C’est le même qui tend sa main

On saute le mur du jardin

Le ciel est plus bas

Le jour baisse

La route court

Et le vent cesse

On pourrait croire qu’il est arrivé quelque chose

Mais rien

 

Pierre Reverdy (de Pierres blanches)

Max Pinckers

 

 

 

On marche

 

au fusain

une silhouette épaisse

sous un chapeau mou. Qui dit

à ceux que le temps observe : de l’arbre

l’eau bleue, au vent

un sentier de pierres et la lune

parfois quand elle pend

à l’horizon

 

tv

Joanne Ratajczak

 

 

(de) Nature morte

 

Choses et gens nous

entourent. Et les deux

déchirent l’œil.

 

Je suis assis sur un banc

du parc et je suis des yeux

une famille qui passe.

La lumière me répugne.

 

C’est janvier. L’hiver.

Selon le calendrier.

Quand le noir me répugnera,

alors je parlerai.

 

Joseph Brodsky

Cécile Hesse & Gael Romie

Soleil

 

Carrare là où la campagne donne le marbre

Là où j’ai passé un été

Les alouettes il n’y en avait pas et les serpents ne sortaient pas

Le soleil simplement d’un tapis de prunes bleues est sorti

Puis vers le tapis de prunes bleues s’est incliné

Et l’adolescent dans la rivière attrapa un dauphin

 

Junzaburō Nishiwaki

 

 

(de) Croix et délice

 

A l’égal d’une silhouette connue,

ou mieux inconnue, sans égal

parmi les autres animaux, terre unique

combien j’aimais ton visage fortuit.

 

Sandro Penna

Carlos Ayesta et Guillaume Bression