A mesure de l’automne



le ciel

a retrouvé le sombre

oublié


le jour s’achève


je suis

sans y prendre garde

le vent qui joue dans

les arbres


le pas

de ceux qui passent

dans l’air froid

les épaules rentrées


en moi

ce qui s’obscurcit

à mesure que la lumière

descend

Valério Geraci

Vers Grignan



je marche

dans la saison

qui vient


la lumière

descend

entre les branches


les ombres s’allongent    

sur le chemin


pourtant

elles-mêmes le disent –

ou ce qui

en elles nous ressemble


il faut rentrer

le jour

s’en va sans attendre

Clive Vincent

Le passage



le jour

change de couleur


le temps s’est durci

il fait froid –

l’avais-tu oublié

toi aussi


dehors

les hommes s’affairent


quelques oiseaux traversent

la lumière


je les regarde

passer

jusqu’à ce que

le ciel se referme

Philippe Herbet

Intermède


je lève

les yeux au ciel


quelques nuages

passent au-dessus de nos têtes


ils vont

sans bruit dans le bleu


longtemps

je les regarde


j’attends

qu’un peu de ce mouvement

me traverse

David Amstrong

Le roi nu



le soleil

tient dans la paume

du soir


il emporte

avec lui

le peu de couleur

qui tient encore aux choses


les formes s’effacent

les arbres se confondent


c’est un soir

comme un autre

je suis là

seul


je règne

en ce qui demeure

Ella Bats

L’Autre rêve


le chemin

pousse à présent

sous mes pas


je vais

sans savoir

la terre avance avec moi


après

le rêve se resserre

les arbres se rapprochent


je m’arrête


quelque chose a déjà eu lieu

mais quoi

Dirk Wüstenhagen

L’averse

la transparence

de cette vitre traversée

de pluie


la rue se brouille


les arbres sont repoussés

plus loin


je suis là

rendu à moi-même


sans autre parole

que celle

de l’eau qui tombe

Paxti Laskarai

Ce qui venait


j’ai marché

avant que le jour

ne pèse


l’ombre était mince

elle suffisait


je n’avais rien

à offrir

rien à partager


le silence était

joyeux


je laissais venir

ce qui venait

Claire Adelfang

L’oiseau



le vent d’orage

effeuille

l’arbre qui tremble


entre les branches

le gris du ciel

mais la pluie attend


un oiseau

jaillit soudain –

inquiet

je le suis des yeux

Léonard Bourgois-Beaulieu

Lisière



une ombre

jaune

patiente derrière la porte


je n’attends personne


peut-être

est-ce quelqu’un


peut-être

autre chose


je me calme


la lumière pourtant

demeure

Kyle Tomson