Venise n’existe pas de nos rires idiots toi et moi avançant à l’aveugle si près qu’on ne sait pas lequel de nous porte l’autre ni même celui qui tombera le premier Boris Mikhailov
Bal à l’ambassade d’un corps de notables fabulant les pieds dans l’eau sort une femme – chignon gris visage maigre et la voix perchée haut qui me tend une veste appartenant dit-elle à Monsieur le Préfet Oleg Oprisco
La maison du vide j’habite un vieux fauteuil rouge près de la fenêtre ma vie est immobile mes yeux à peine atteignent le jour ces voix qui ont une part d’ombre je les écoute traverser la pièce en moi quelque chose se déplace alors que rien ne bouge Fernanda Frazão
Vérrou . à peine un mot ce mot et tu tournes le dos pour trancher l’histoire ne deux et je reste sur le perron avec ce peu – une ligne vive dans le silence à respirer les senteurs pourries de l’automne Hélène Duclos
Au fusain je ne vois pas son visage seulement cette manière lente presque profonde de marcher le soir tombe la lumière allonge les silhouettes j’emprunte son pas sans savoir où l’ombre m’entraine Jean-Pierre Vanhonsebrouck
Esprit fidèle curieux que nos rêves se croisent encore sur cette grève si loin de la vie où peu à peu le temps nous enfonce comme si à l’écart de tout un peu de nous devait demeurer Carla Sutera Sardo
Le verrou un mot – à peine et tu refermes la porte derrière toi l’histoire finit là je me retourne dehors le jour est blanc l’air empeste les senteurs pourries de l’automne Alex Veledzimovich
Le charmant Som du ciel brouillé une ombre soudaine par-dessus nos têtes qui d’un coup d’aile franchit sous nos yeux la ligne de crêtes .
Le voyeur . curieuses ces deux maisons dressées l’une contre l’autre entre leurs murs dans la hauteur de l’ombre ne passent que le silence et le froid Catia Simoes
Santa Fé assis sous un pommier le vieil homme observe sans bouger le vent comme en songe dans ses cheveux argentés dans le ciel au-dessus de lui deux soleils se croisent sans se toucher Mathias Valewink