.
Il y a un cimetière
ma main qui grince
sur le portail il y a
une tellement véritable allée
mes pieds sur le gravier
j’avance les fleurs sont
je me penche fatalement
jaunes où tu demeures
.
Chantal Ravel
Ni Tanjung
.
Il y a un cimetière
ma main qui grince
sur le portail il y a
une tellement véritable allée
mes pieds sur le gravier
j’avance les fleurs sont
je me penche fatalement
jaunes où tu demeures
.
Chantal Ravel
Ni Tanjung
.
« Comme poète, il me semble qu’on est toujours en danger de répétition. De piétinement. Avec le temps, on arrive à se créer un langage, un univers, un style, quelque chose de précieux avec lequel on se sent à l’aise et qu’on devrait pouvoir pousser toujours plus loin, transformer à sa guise. Or, je n’ai jamais été sûre d’avoir cette aptitude naturelle pour la métamorphose » – Denise Désautels
.
arrachés
à la grotte
.
coupés
de la terre
par la soif
.
de la main
par le doute
.
du verbe
par les mots
.
coupés
de nous-même
par l’œil
insatiable
.
tant de fois
orphelins
.
et nous
cherchons
la mère
.
Charles Juliet
Olivier Debré
sachant
que la mort n’existe pas
laissons nos portes
ouvertes
et dans un même souffle
brûlons tout ce qui vit
à portée
il serait dommage
de ne pas en profiter

Anonyme
.
Je te cache
dans la pulsation.
.
Tu n’es plus.
Deux fois.
Noir
noir
entre les yeux
ne se détachait
de l’angle.
.
Esther Tellerman
Rosalind Fox Solomon
.
journée
le soir absorbe plus ou moins bien son poids
voilà tout
.
la mer n’aide pas on entend son bruit
de fond de mémoire sans cesse
sa lessive habituelle
.
continuer
pour quel plus loin d’air quel
espace encore à ouvrir
avec les dents les mains les mots
.
ne pas laisser comme c’est
.
Antoine Emaz
Francesco Roméro
.
Vendredi
Bureau, chaises et Mathilde en face.
Mathilde, 18 ans, intense inquiètante, sourcil noir épilé en une virgule arquée qui surmonte un regard brillant, fixe, étange. Un œil d’aigle. Il va falloir parler avec elle (Travailler avec les autres).
.
Avril Caumes
Ulrike Hannemann
le soir
doucement
jusqu’à sentir
ta main dans la mienne
la nuit entre peu à peu
je ferme les yeux
j’ai peur
que tu disparaisses
un peu de fraicheur
par la fenêtre
je reste là
sans savoir où nait
le rêve
je me dis tout bas –
mille fois la rivière
mille fois la rivière
mille fois la rivière
je souris
tu es là

Caroline Dufour
.
une femme elle reste à la fenêtre elle ne
se jette pas par-dessus bord elle n’ouvre
pas elle regarde la vitre ou quelque chose
dehors derrière la vitre on n’en sait rien
elle ne dit rien de ce qu’elle voit est-ce
qu’elle voit seulement et puis son front
il est collé ça fait de la buée sur cette vitre
qui la sépare du monde
.
Albanne Gellé
Nick Mehedin
dans le lacis désert
une voix sourde
s’attache à mon pas
je me retourne
çà et là
des fenêtres noires
et des portes clauses
des carcasses de voitures
désœuvrées
des chats –
comme ce roux
dans l’épaisseur d’un buisson
rien vraiment
qui puisse me parler

Yiannis Hadjiaslanis