même
si le temps fait
juter l’os
la somme
reste la même –
le jour
nourrit la souche
la nuit
juste après
rejoint la vie
mais
il y a
en dessous
quelque chose
qui ne dit rien
une sève puissante
qui mord
tout ce qu’elle
irrigue

Bharat Sikka
même
si le temps fait
juter l’os
la somme
reste la même –
le jour
nourrit la souche
la nuit
juste après
rejoint la vie
mais
il y a
en dessous
quelque chose
qui ne dit rien
une sève puissante
qui mord
tout ce qu’elle
irrigue

Bharat Sikka
Ce que le ciel
observe
de l’endroit
où je vis
des visages remontent
le cours temps
ni pareils
ni différents
ils traversent
silencieux
les brumes de novembre
et je les regarde
comme on regarde
une flamme qui tremble
sans rien retenir
sauf l’écho
de ce qui fut
et déjà
n’est plus

Margharita Chiarva
de ma place
je vois
sur la table
l’homme qui marche
et la verseuse pleine
d’un café noir
aussi ces oiseaux
gonflables
accrochés aux branches
des yeux – les tiens
qui fuient par
le côté
la grille est ouverte –
peut-être
est-ce la veille
ou le jour d’après
Egon Schiele
Ce texte a été publié en février 2026 dans la revue Sens n°2 éditée par l’association les doigts bleus
.
dans le sommeil qui vient lisant
au plein soleil
le poids de la tête emporte
le rêve
.
Emmanuel Laugier
sur le sol glacé
les petits crocodiles
à peine nés
rampent en silence
je replie mes jambes
contre mon sein
j’ignore
si ils procèdent
d’une faille profonde
ou d’un songe
dérangé

Pierre Alex
.
Des myriades de feuilles d’érable
Sur des myriades de feuilles d’érable
Découpées devant le pont,
Quelques voiles rentrent tard dans le crépuscule
.
Combien me manques-tu ?
.
Mes pensées s’écoulent
Avec les eaux du fleuve de l’Ouest,
Elles courent vers l’Est, sans cesse
Jour et nuit.
.
Yu Xuanji (844-871)
Li Shuang
.
« Ainsi le poème
Il faut que je vacille ! »
Me dit cet ami
A qui je montre la tristesse
Dans la fleur d’un sourire ».
.
Yosano Akiko
Zao Wou-Ki
.
Au risque d’écrire à un(e) presque inconnu(e)
une lettre d’amour à partir d’un presque rien
qui vous a traversé
dans une fulgurance inconnue
de vous jusqu’alors.
Anne Dufourmantelle
suis
les bêtes
qui traversent
le rêve du matin
avec elles
les prés d’or
la lenteur des nuages
la lumière douce
et les ombres
portées
aussi
la petite flaque
de têtards
derrière la grange –
noire pulsation
au cœur du bocage
et le sentier caillouteux
où jadis
un gros bâton te tenait
la main

Albert Louden