nos voix
se croisent sans jamais
se toucher
la tienne
est verte
la mienne plus parente
mais le silence
protège ce qu’elles ont
en commun

Catia Simoes
nos voix
se croisent sans jamais
se toucher
la tienne
est verte
la mienne plus parente
mais le silence
protège ce qu’elles ont
en commun

Catia Simoes
à l’endroit
même où était
la maison
il ne reste presque
rien
j’ai laissé la fenêtre
ouverte
le vent est entré
j’ai laissé faire
les murs se sont envolés
le toit
la lumière
il ne reste
que le fauteuil et la table
où j’écris

Chase Middelton
la rue
mêle l’ombre à la lumière
ne sachant plus
par quel côté commence
le ciel
je marche
au hasard des rues
jusqu’à ne plus savoir
si le jour me conduit
ou me perd

Jean Dubuffet
.
Dormeur solitaire
Je ne rêve rien
Qu’on ne puisse rêver
Je vois la nuit en face
sans me voir
quant à vous vous troublez
ça et le miroir
entre les vieux nuages
ainsi je ne suis seul qu’avec vous
et ma propre absence
prête à être écrite
.
Christophe Mahy
Hanna Putz
.
Pas un rayon encore,
le vert sèvère des feuillages,
l’étendue du ciel pâle
et presque rien ne bouge
ni se fait entendre,
nous avons franchi la porte,
tiré les chaises et la table
devant ce paysage de l’aube
au sortir d’une nuit incertaine.
.
Paul de Roux
Zao Wou-ki
dans le fatras
obscur –
es-tu
seulement couchée ?
veille l’oiseau de proie
je prends ce silence
pour le mien –
dit l’oiseau
cherchons alors
ce qui manque
entre deux respirations

Marie Bouttier
une forme
se révèle
sur la page blanche
j’y ajoute
des yeux
la bouche et ce qu’il faut
pour le souffle
j’ombre les traits
peu à peu
un visage se précise
le front semble différent
du mien

Joseph Hofer
.
l’oiseau
au-dessus de la proie
dans l’espace du matin
un instant
leurs regards se croisent
ils sont seuls
autour
rien ne bouge
quelque chose est
déjà tombé

Laura Letinski
.
Pour seules vivres
l’os du chemin
rongé par la lumière
.
pauvre est le sol
où s’use la pierre
sous les rafales du vent
.
citernes vides
remplies d’échos
sources taries dans l’air hautain
.
le chemin n’est que poudre d’os
dans la paume de la terre
.
José-Flore Tappy
Serge Clément
il reste
encore sur ma joue
un gout de sel
je touche
mon visage
la peau semble fêlée
pourtant
rien n’apparait
peut-être
que le miroir ne sait pas
où regarder

Maria-Luisa Imperiali