l’Homme-marron


le ciel

ne retient rien

ni la chaleur ni l’ombre

des nuage


le vent hésite

entre deux rives

à chaque fois

il oublie l’adresse


l’homme

surveille le fleuve

la picolette elle

chante dans sa cage

 

Imagine

 .

le gout aigre

du café

enroulé

sur lui-même

 .

there’s no countries

 .

ses doigts

crochés

à une prise

de tabac

.

It isn’t hard to do  

.

un bord de mer

en suspens

rincé

à l’aquarelle…

.

Nothing to kill or die for

.

nos regards

plongeant

de part et d’autre

de l’horizon

.

And no religion too

Image www.virusphoto.com/

Philippe Jacottet

 » Simplement, il est sûr que tout poème, pour moi, est toujours donné par un choc émotif, imprévisible, une surprise, et ne saurait exister sans cette impulsion initiale. Il s’écrit plus que je ne l’écris vraiment, dans un état de disponibilité intérieure, comme entre veille et sommeil. Certes, il peut y avoir ensuite des retouches, mais jamais un travail acharné qui ne pourrait que le détruire. »

Philippe JACCOTTET

Couchant



ces silhouettes

qui se détachent

sur la grève

ombres vouées

à disparaître

avalées par la rumeur

qui avance

lentement sous la ligne de feu

et les enfants

joyeux

courant après les vagues

et toi debout

baignée de lumières

qui les voit

s’éloigner


de loin en loin

le silence

devient le cœur-même

du paysage

Image Charles ATAMIAN

La vie de famille



le souffle

du bandonéon

et aussitôt

le pas de deux

les corps s’entrecroisent

les pieds se heurtent

on perçoit

à l’étage

les éclats de voix

les mots jetés

au visage

ces motifs

qui se répètent

à l’infini

Miro

 

Maisons



de ta bouche

la fumée qui grossit

le frimas parisien

ciel de novembre

l’acier grince

et sous le ventre

des chevaux de bois

l’herbe grise

s’enroule –

la robe ivoire

du demi-sang

qui t’emporte

son regard

halluciné

terrain-vague

Bleu



nos chairs –

peaux ombres

mêlées

dans la douceur

du matin


un souffle

à peine


vos mains

laissées là


afin qu’au

plus tard

la parole

ne revienne

Egon Schiele


Spleen

.

ni la ville

par instant

quand la porte

s’ouvre

ni la voix

cassée

de cette femme

au verso

ni le rose

épice

qui fond

dans l’assiette

ni l’or

du silence

cueilli

en chemin

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