le ciel
ne retient rien
ni la chaleur ni l’ombre
des nuage
le vent hésite
entre deux rives
à chaque fois
il oublie l’adresse
l’homme
surveille le fleuve
la picolette elle
chante dans sa cage
morceau d’une chose qui a été déchirée
.
le gout aigre
du café
enroulé
sur lui-même
.
there’s no countries
.
ses doigts
crochés
à une prise
de tabac
.
It isn’t hard to do
.
un bord de mer
en suspens
rincé
à l’aquarelle…
.
Nothing to kill or die for
.
nos regards
plongeant
de part et d’autre
de l’horizon
.
And no religion too
» Simplement, il est sûr que tout poème, pour moi, est toujours donné par un choc émotif, imprévisible, une surprise, et ne saurait exister sans cette impulsion initiale. Il s’écrit plus que je ne l’écris vraiment, dans un état de disponibilité intérieure, comme entre veille et sommeil. Certes, il peut y avoir ensuite des retouches, mais jamais un travail acharné qui ne pourrait que le détruire. »
Philippe JACCOTTET
ces silhouettes
qui se détachent
sur la grève
ombres vouées
à disparaître
avalées par la rumeur
qui avance
lentement sous la ligne de feu
et les enfants
joyeux
courant après les vagues
et toi debout
baignée de lumières
qui les voit
s’éloigner
de loin en loin
le silence
devient le cœur-même
du paysage
plus en avant
sous les platanes
une ombre assise sur une souche rouillée
il pleut
huit années ont passé sans sans qu’
une feuille tombe
je fais un pas
mais à l’égal du mien
ce visage osseux avec
ses lèvres fines
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Les arbres morts sont là, fous, figés dans un désordre fixe, tellement, que le vent ne veut plus d’eux. ils sont entiers martyrs, ils sont noirs, du sang noir des arbres tués par le feu.
Marguerite Duras – in « Écrire »
–
le souffle
du bandonéon
et aussitôt
le pas de deux
les corps s’entrecroisent
les pieds se heurtent
on perçoit
à l’étage
les éclats de voix
les mots jetés
au visage
ces motifs
qui se répètent
à l’infini

Miro
de ta bouche
la fumée qui grossit
le frimas parisien
ciel de novembre
l’acier grince
et sous le ventre
des chevaux de bois
l’herbe grise
s’enroule –
la robe ivoire
du demi-sang
qui t’emporte
son regard
halluciné

nos chairs –
peaux ombres
mêlées
dans la douceur
du matin
un souffle
à peine
vos mains
laissées là
afin qu’au
plus tard
la parole
ne revienne

Egon Schiele
.
ni la ville
par instant
quand la porte
s’ouvre
ni la voix
cassée
de cette femme
au verso
ni le rose
épice
qui fond
dans l’assiette
ni l’or
du silence
cueilli
en chemin
