nos vies
se passent
dans des fauteuils
écaillés
les regards
ne quittent plus
la pièce
le temps y est arrêté
quelque part
parfois
une porte claque
puis
la lumière retombe
sur les murs
et le silence revient

morceau d’une chose qui a été déchirée
tu as peint
cette nuit
le visage des statues
avec tes deux couleurs primaires
et à l’aube
tes mains sont encore pleines
de cette lumière
mais tu es avec ceux
qui sont nombreux dehors à crier
au blasphème

Antonnello Severini
ombre nue
dans le noir
sans bruit
qui s’avance
les yeux
gigantesques
et bouillants –
je te reconnais
à la brûlure
en moi
qui reste vivante

Kathleen Meier