du matin
jusqu’au soir
jouer
à faire-valoir
les héros
de Moscou
sur le vieux
manège fou
mais qui –
toi moi
goutera goutera pas
tout ému
à l’éclat du tesson
pointu
Il y a terreur, mais
aujourd’hui, je peux marcher :
bien travaillé, aplani les jours et
les coups, je me souviens, la voix
de l’autre coté : tu n’as rien vu et
terreur, encore, a frappé, mais
les cris, ce jour, se sont éloignés et
là-bas, comme elle se resserre,
je marche, elle crie
je marche dans l’écho,
jusqu’au bout de sa parole.
Alain Veinsten
Au cœur de l’hiver,
Contrairement à toute attente,
Au milieu des arbres
On croirait voir des fleurs
Tant il est tombé de neige.
Ki no Tsurayuki
« Dès que j’écris une phrase, je suis désorientée et embarrassée, déjà j’ai envie de la rejeter pour dire dans la suivante le contraire. C’est que j’ai toujours l’impression que l’essentiel m’échappe. La double face, le coté caché des choses.
D’autant plus que la poésie doit témoigner du mouvement de notre époque.
Or jamais dans l’histoire de l’humanité, il n’y a eu siècle plus barbare que le notre. Et les horreurs continuent et se multiplient dans tous les coins du monde. Nous sommes impuissants face à tant de misère, de corruption et de manipulation. Faut-il passer devant les drames qui ont lieu, les yeux fermés de peur d’être soi-même broyés par la violence ?
Le poète doit donc aussi prendre positon face au monde qui l’entoure.
Finis fleurs et petits oiseaux, Dieu est mort. »
Anise Koltz – in Somnambule du jour
les enfants
d’Anniston
nous fixent
de leurs grands yeux
crevés
ils sont silencieux
n’ont pas les mots
qu’il faut pour
se recommander
à nos prières

Samuel Bollendorff