le chant
des oiseaux
que le soir agite
un souffle
dans les cheveux
la lumière oblique
nous sommes cent
ou peut-être mille
assis sous la maison
aux volets clos
dans l’attente
d’un vers

Mourir et puis renaître
et puis mourir encore
et ne renaître plus.
Aller d’îlot en îlot
sans se soucier du vent et de l’essence
sans se gâcher le corps
s’endormir dans les rochers ;
si j’étais femme ou herbe au moins
mais au fond
être homme n’est qu’une intermittence,
je vais me coucher avec les héros
et le temps ne me servira.
Franco Costantini
Le temps passé dans une chambre où tout est noir reviendra plus tard. Alors j’apporterai une petite lampe et je vous éclairerai. Les gestes confus se préciseront. Je pourrai donner un sens aux mots qui n’en avaient pas, et contempler l’enfant qui dort en souriant.
Est-il possible que ce soit nous-mêmes en vieillissant ? Il y a quelques morceaux de ruines qui tombent. Ceux-là ne se relèveront plus. Il y a aussi quelques fenêtres qui s’éclairent. Et devant la porte un homme solide et doux qui connaît sa force et qui attend. Il ne reconnaîtrait pas lui-même son visage.
Pierre Reverdy
j’ai rêvé de voler
et c’est ainsi que je l’ai voulu
et même quand le ciel
à l’improviste
est tombé,
croyez-moi,
je n’ai jamais cessé
de voler
Roberto Véracini
tu as peint
de couleurs primaires
le visage pâle
des statues
et au matin
les mains
encore couvertes
de lumière
tu étais
dans la foule
de ceux qui crient
au blasphème

Antonnello Severini