Nous froissons
un murmure
sans y prêter
plus d’attention
encore un pas
doucement
pour se laisser
soulever
jusqu’aux feuilles
s’approcher
de l’éternité
Anne-Lise Blanchard
Olivier Debré
Nous froissons
un murmure
sans y prêter
plus d’attention
encore un pas
doucement
pour se laisser
soulever
jusqu’aux feuilles
s’approcher
de l’éternité
Anne-Lise Blanchard
Olivier Debré
le vent d’orage
effeuille
l’arbre qui tremble
entre les branches
le gris du ciel
mais la pluie attend
un oiseau
jaillit soudain –
inquiet
je le suis des yeux

Léonard Bourgois-Beaulieu
Tout le monde sait que je disparais
sauf toi.
Je dors à tes côtés, et la nuit je sors
du lit en laissant mes jambes près de toi.
Ce qui est sûr, c’est que je disparais
mais avec toi
(du moins laisse-moi le croire !)
Je suis la perle qui créée son âme rugueuse
et triste.
Carmen Boullosa
Hajime Kimura
une ombre
jaune
patiente derrière la porte
je n’attends personne
peut-être
est-ce quelqu’un
peut-être
autre chose
je me calme
la lumière pourtant
demeure

Kyle Tomson
à la manière
dont tu tiens ce verre
je sais
que tout est déjà dit
la nuit
jette des éclats de lune
par-dessus la terrasse
au loin
un moteur insiste
le vent faiblit
nous restons là
interdits

Adèle Berthelin
Un monde autour d’elle comme une ombre
Elle déplace une chaise.
Quelque chose se crée –
Se prépare
Clair devant elle comme en plein air
L’espace qu’une femme engendre et emplit
Après toutes ces années
J’écris encore
Naturellement, sur ton visage
Tes grands et beaux
Yeux bleus
À travers l’ensemble de ma vision mais l’éclat de la chair
Les yeux bleus
Dans les itinéraires souterrains, dans les pluies fines
Les profils.
Georges Oppen
Lee Miller
dans sa chute
la lampe découpe
une ombre claire contre
le mur
la chambre alors
vacille
un visage apparait –
ou plutôt le souvenir
d’un visage
je ne sais pas
ce qu’il vient faire ici
Nia Diedl