Vers tristes à Zi’an au bord de la rivière

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Des myriades de feuilles d’érable

Sur des myriades de feuilles d’érable

Découpées devant le pont,

Quelques voiles rentrent tard dans le crépuscule

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Combien me manques-tu ?

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Mes pensées s’écoulent

Avec les eaux du fleuve de l’Ouest,

Elles courent vers l’Est, sans cesse

Jour et nuit.

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Yu Xuanji (844-871)

Li Shuang

(de) Cheveux emmêlés

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« Ainsi le poème

Il faut que je vacille ! »

Me dit cet ami

A qui je montre la tristesse

Dans la fleur d’un sourire ».

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Yosano Akiko

Zao Wou-Ki

Aphasie

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après

l’épreuve de la langue

– mots jusqu’à l’épuisement

le corps retrouve la rue

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une joue pleure

l’air est sans trace

il y a

.

ce chemin

qui avance dans le vide

la vie est nue et

c’est la nuit

Diana Taman

Mer

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Tu es là

sur l’autre chaise.

Tu vis le monde à part

à l’autre bout de la table

Ton  regard est là-bas,

tes voix sont

des oiseaux qui reviennent

de la mer de là-bas,

tes mains jouent sur la table

nomades infatigables

de cette étendue bleue.

Je fais du morse,

des signaux de fumée

je lance une bouteille

au bord de cette mer

je lance mes troupes

conquérir

les terres saintes

j’allume les braises

du même rêve.

Mais toi tu es si loin

au bout de tant de mer accumulée.

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Victor Manuel Mendiola

Malcolm T. Liepke

(de) Au risque de l’inconnu

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Au risque d’écrire à un(e) presque inconnu(e) une lettre d’amour à partir d’un presque rien qui vous a traversé dans une fulgurance inconnue de vous jusqu’alors.

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Anne Dufourmantelle

(de) Inventaire I

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plusieurs

ce qu’il en reste

celle qui est là et l’autre – toi peut-être aussi – et

moi moi

cercle sur cercle

solide chaos

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il n’y a plus ni surface ni fond

et nos silhouettes se baignent blafardes

rien à signaler

– y suis-je encore sans suite

enfant perdue faille trou dans l’archive

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Denise Desautels

Maite Gerrero

Repos

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finalement tu atteins

le dimanche où sont amarrés des nuages

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repos, tout comme d’un mensonge

se méfier des regards à l’affut

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il joue sur le clavier

jours blancs et nuits noires

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joue demain

cette chaine du bonheur

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la mort libérée de l’ombre

verrouille le ciel

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Bei Dao

Alex Veledzimovich

Après coup

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la nuit

où nous avons parlé de vous

et des autres

de ce qu’il advient quand

l’hiver inflexible dure sous la peau

un court instant

il m’a semblé voir une lune

rose

Jacques Bonenfant

(de) Phrases pour un orage

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On n’est pas heureux

Sous l’azur fragile.

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En ce jardin je sais je ne sais quoi.

Les feuilles sont un peu plus larges,

Un peu moins vertes que leur nom.

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L’azur enfante l’ombre

(Le fruit de sa pourriture).

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La terre aborde son silence

Qui l’attendait.

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Jean Tortel

Jordi Ruiz Cicera

Comme si rien

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de peigner

le cheveu qui dépasse et

d’aller en arrière et

d’obéir au tumulte des voix et

de fouiller la beauté des visages et

d’attraper qui le bras ou une bouche et

de rire à s’en étouffer et

de voir en douceur la nuit se

transfigurer

Ataa Oko