Là-haut

.

cette volute

dans l’azur immobile –

un ange peut-être

sur nos lèvres

ou seulement

quelques cristaux

pour meubler

l’éther

Perrine Lievens

Tard



de ce que

l’hier était –

saisons

murs

lumière figée

dans les choses

il ne reste

que le fauteuil et

la table d’où

je t’écris

Chase Middelton

La joie du mot



l’aurai-je

à mon tour

inventé

ce rivage

au feu du couchant

ou cet oiseau

à l’encre noire

qui danse

contre le vent


Stéphan Vanfletren

Au feutre


dans le fatras obscur 

des images – es-tu

seulement couchée ?

au loin

coraille un oiseau

de proie  

quelque chose imbibe la nuit

la distance

ou peut-être le silence – buvard d’un cri

teint à froid

la lumière faiblit

le destin entre

dans la chambre

silencieux

il s’assoit

Marie Bouttier

Poème réversible


ce visage

à grands traits

qui me tient

en joie

c’est juste

un souffle

une ombre

un aplat pour

la matière

un regard à peine

éclairé

puis le doigt va

sur le papier

le grain est tendre

aussi tendre

que l’absence

donnée

Joseph Hofer

.

Mise en abyme


à saigner

la langue jusqu’à l’os

aiguiser sans relâche

les entailles du temps

à toujours célébrer

la distance

dans l’essai du matin

il advient

l’oiseau et la proie

ne fassent qu’un

Laura Letinski

De l’idylle



ne restent

que nos peaux

l’une sans l’autre

et des larmes

sans qu l’on sache

vraiment

à qui

elles appartiennent

Maria-Luisa Imperiali

Volée d’anges



jaunes

rouges et bleus

infatigables

cris et pistolets

éclats filant de coins sombres

en buissons creux

et ces ailes

douces et blanches

que je déployais

à leur âge

pour traverser le vide de

la chambre

Minnie Evans