Midi silence.
Me foudroyant
Au cœur des champs,
Un cri,
Chu de l’azur,
De ton haut vol
Qui loue et fête,
Alouette !
François Cheng
je ne peux voir
la vie secrète des poissons rouges dans l’eau claire du bassin
tous mes efforts pour traverser le miroir
sont restés vains
.
un cheval sur l’antique toit
est soudain retenu par la bride
je tourne au coin de la rue
sur la route du village la poussière
cache le ciel
Bei Dao
Kourtney Roy
» Chaque poème qui vous touche est comme un appel qui nécessite une réponse. On veut y répondre avec sa propre histoire. Les romans avaient tendance à me rendre silencieux : vous vivez avec un roman pendant tout un moment , vous devenez vous-même le roman. Je n’ai jamais éprouvé le besoin de répondre à un roman. Mais dans les poèmes, cette distillation du langage, cette espèce de rapidité et d’agilité coïncidait avec quelque chose de ma propre nature, de mon esprit. »
.
Léonard Cohen (in « Les Inrocks, 10 ans, l’album »)
« Je suis très attaché à l’idée que nous ne parlions pas tous la même langue. Non pas pour des questions d’appartenance ou d’enracinement, mais pour la richesse qui en découle. Quand j’étais étudiant à Paris, je me souviens avoir demandé à un ami de me traduire les poèmes de Mallarmé, et la version qu’il en donnait était délirante. Les images changeaient. Il trouvait des équivalences bizarres et ça créait une langue magnifique. C’est ce que j’aime dans la poésie : elle est difficilement traduisible. »
Jim Jarmusch – Entretien avec Laurent Rigoulet –
Le lieu prend le nom de la pierre
la pierre porte le nom de la montagne
à moitié chauve au loin
la pierre ne se voit pas
au-dedans de la pierre
sous elle
se cache une forme d’enfant
tenant bâton, oiseau, balle.
Je tire des histoires par la manche
« Maintenant je n’appartiens qu’au soleil ».
Moi aussi, comme toi, je
sais à présent :
« Il faut des ailes pour atteindre le proche »
Israël Eliraz
Où es-tu :
Qui ?
Sous la lampe, entourée de noir, je te dispose :
En deux dimensions.
Du noir tombe
Sous les ongles, comme une poussière :
Image sans épaisseur, voix sans épaisseur
La terre
Qui te frotte
Le monde
Dont plus rien ne te sépare
Sous la lampe. dans la nuit. entourée de noir. contre
la porte.
Jacques Roubaud