chassée
par le vent
une page
autrefois arrachée
au cahier du jour
et aussitôt après
cet enfant –
moi ?
trempé de pluie
qui passe
sans un regard
devant
la closerie

Kazuko Nishimura
ce qui
de l’intérieur
nous force à rompre
l’écorce des jours
ce sont ces images
accrochées au mur
fabuleux
car quelle que soit
le souffle
ou quelle que soit
la profondeur
des eaux
elles arborent encore
ce vers quoi
nous pourrions
aller

Philip Holt
Puis-je entrer
des êtres regardant le champ
comme des hommes : blé, vent
& la soie rouge des pensées
A perte de vie
(Pour chaque corolle)
Un espace se disjoint
Silence sur tes yeux
sur le front du hasard
je tresse une couronne de
coquelicots
avec un seul fil : blé, vent
qui s’engouffre à l’infini
Sophie Bressart
« Je te perdrai comme on perd un clair
jour de fête : – je le disais à l’ombre
que tu étais dans le vide de la pièce – attentive,
ma mémoire te chercha en ces années
florissantes, un nom, une apparence : pourtant,
tu te dissiperas et ce sera toujours l’oubli
de nous dans le monde. »
. Tu regardais le jour,
évanoui dans le crépuscule, je parlais
de la paix infinie que le soir
étend sur les fleuves à la campagne.
Alfonso Gatto
» Ne rien dire, rien faire, marquer un temps d’arrêt, ployer, se redresser, se faire un reproche, être debout, aller à la fenêtre, dans le mouvement changer d’avis, retourner à sa chaise, encore être debout, aller à la salle de bain, fermer la porte, ouvrir ensuite la porte, aller à la cuisine, ni manger ni boire, retourner à la table, être lasse, tenter quelques pas sur le tapis, se rapprocher de la cheminée, la regarder, la trouver terne, tourner à gauche jusqu’à la porte principale, revenir à la pièce, hésiter, continuer, juste un peu, un brin, s’arrêter, tirer le côté droit du rideau, puis l’autre côté, regarder le mur. » –
Etel Adnan
Ne rien tirer d’une chose.
Ne pas pouvoir sentir quelqu’un.
As-tu réponse à la mer ?
A-t-elle réponse à la mer ?
Presqu’aussitôt les yeux que tu trouves beaux
sont en quartz fumé, le quartz
qui t’aime bien part en fumée.
N’avoir rien tiré d’une chose.
Ne jamais avoir à aller nulle part.
Ne rien pouvoir oublier.
Faire rien de rien.
Hans Favery