tant que
le désir ne dit pas
son vrai nom
corps et voix
restent en lisière
un rire traverse
le jardin
la fenêtre est ouverte
la lumière le rejoint
un peu plus loin

Perce un bruit de métal,
des volets qu’on tire.
Vent faible, ciel blanc démantelé.
J’aperçois la cour par les fentes,
le sapin encore haut contre le mur friable,
la pénombre, l’herbe rase.
Quelque chose encore
s’éloigne de ce que l’on sait.
Les nuée s’éventent lentement, les branches lisses.
Olivier Vossot
Olivier Debré
Doux nuages, douces collines et doux lac
mais toi, visage
pour ta beauté n’ont suffi l’harmonie
la clarté
et l’accord qu’entre elles
ont ces choses déjà
Humain regard
Qui s’est posé
et sans vouloir
et ne sais taire
Regarde où tous, nous,
sommes cachés – et dis son nom ;
autre est ta beauté :
et ainsi
sans savoir à l’instant nous rendras
la mémoire où s’assemblent d’eux-mêmes
les instants
de douceur qui ne donnent en vain
Gérard Bayo
tu penches la tête et passes la porte : au-delà du seuil, le monde respire
de visions, une onde impatiente qui charrie les odeurs des maisons,
humidité, rouille, cendre, essence, âges qui tournent au brun
les yeux survolent les têtes penchées sur les tables, la main sur le téléphone
on s’arrête au bar dans la matinée, le froid chante, la peau
reflète l’absence de geste
des caillots de lumière deviennent formes d’un doux sourire
enfoui
rabâcher
le poème qu’en est-il
de l’image
quand elle nage
toute trempée
se gonfle
se noie
épuisé
isolé mot
après mot
introuvable
privé de couleur
(in la mémoire des branchies)