la nuit
à peine
de nous pour nous
sur le papier
à voix basse
je vous écris –
mille fois la rivière
mille fois la rivière
mille fois la rivière

Caroline Dufour
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Il faut un obstacle nouveau pour un savoir nouveau. Veille périodiquement à te susciter des obstacles, obstacles pour lesquels tu vas devoir trouver une parade… et une nouvelle intelligence.
Henri Michaux (texte et image)
.
quelque chose
de ton souvenir
n’est plus le même
entendre
ma voix tu ne l’entendras plus que ne l’as-tu
écrire
et quand je pense à toi il n’y a plus que des mots
perdue
noyée dans le seul mot qui reste
Beaupré
.
Eric Sautou
Cig Harvey
de ma place
je vois
sur la table
l’homme qui marche
et la verseuse pleine
d’un café noir
aussi ces oiseaux
gonflables
accrochés aux branches
des yeux – les tiens
qui fuient par
le côté
la grille est ouverte –
peut-être
est-ce la veille
ou le jour d’après
Egon Schiele
Ce texte a été publié en février 2026 dans la revue Sens n°2 éditée par l’association les doigts bleus
.
dans le sommeil qui vient lisant
au plein soleil
le poids de la tête emporte
le rêve
.
Emmanuel Laugier
.
Juillet
Le bord de mer est une ville
La foule essaie
De l’œil
De marcher sur les vagues
.
Une femme vend des beignets
.
Le soir
Quand personne n’aime plus
Personne
.
Un couple
Sans bouger
Va remplacer la mer
.
Philippe De Boissy
Martin Parr
sur le sol glacé
les petits crocodiles
à peine nés
rampent en silence
je replie mes jambes
contre mon sein
j’ignore
si ils procèdent
d’une faille profonde
ou d’un songe
dérangé

Pierre Alex
.
Des myriades de feuilles d’érable
Sur des myriades de feuilles d’érable
Découpées devant le pont,
Quelques voiles rentrent tard dans le crépuscule
.
Combien me manques-tu ?
.
Mes pensées s’écoulent
Avec les eaux du fleuve de l’Ouest,
Elles courent vers l’Est, sans cesse
Jour et nuit.
.
Yu Xuanji (844-871)
Li Shuang
.
« Ainsi le poème
Il faut que je vacille ! »
Me dit cet ami
A qui je montre la tristesse
Dans la fleur d’un sourire ».
.
Yosano Akiko
Zao Wou-Ki
.
Tu es là
sur l’autre chaise.
Tu vis le monde à part
à l’autre bout de la table
Ton regard est là-bas,
tes voix sont
des oiseaux qui reviennent
de la mer de là-bas,
tes mains jouent sur la table
nomades infatigables
de cette étendue bleue.
Je fais du morse,
des signaux de fumée
je lance une bouteille
au bord de cette mer
je lance mes troupes
conquérir
les terres saintes
j’allume les braises
du même rêve.
Mais toi tu es si loin
au bout de tant de mer accumulée.
.
Victor Manuel Mendiola
Malcolm T. Liepke