ces fleurs
sur le rebord –
la lumière
les traverse
comme si le matin
leur appartenait
je reste
un long moment
à les dévisager
quelque chose en moi
se desserre
je respire
sans trop y penser

Bertrand Delais
Tu vas rêver à la fenêtre
Vivent les toits de Paris sous la pluie
Et les pigeons ?
Mauve à leur cou, gris de la taule
Le fer forgé en arabesques
Amie, les nuages avant Noël
Avant le soir
Je me souviens de ta chambre au septième étage
De ce café soluble au goût fumé
De la petite lampe sur la table
Ariel Spiegler
Dora Mar (vers 1926)
le chemin
pousse à présent
sous mes pas
je vais
sans savoir
la terre avance avec moi
après
le rêve se resserre
les arbres se rapprochent
je m’arrête
quelque chose a déjà eu lieu
mais quoi

Dirk Wüstenhagen
la transparence
de cette vitre traversée
de pluie
la rue se brouille
les arbres sont repoussés
plus loin
je suis là
rendu à moi-même
sans autre parole
que celle
de l’eau qui tombe

Paxti Laskarai
les oiseaux sont
remplis de mousse sur les arbres
les arbres sont en carton
metríste mékhri to tría
il ne faut pas s’appuyer sur les arbres
il ne faut pas s’adosser aux murs
il faut retenir son souffle
jusqu’à voir des couleurs
Alban Kacher
Baya (Fatma Haddad)