j’ai marché
avant que le jour
ne pèse
l’ombre était mince
elle suffisait
je n’avais rien
à offrir
rien à partager
le silence était
joyeux
je laissais venir
ce qui venait

Claire Adelfang
j’ai marché
avant que le jour
ne pèse
l’ombre était mince
elle suffisait
je n’avais rien
à offrir
rien à partager
le silence était
joyeux
je laissais venir
ce qui venait

Claire Adelfang
Nous froissons
un murmure
sans y prêter
plus d’attention
encore un pas
doucement
pour se laisser
soulever
jusqu’aux feuilles
s’approcher
de l’éternité
Anne-Lise Blanchard
Olivier Debré
le vent d’orage
effeuille
l’arbre qui tremble
entre les branches
le gris du ciel
mais la pluie attend
un oiseau
jaillit soudain –
inquiet
je le suis des yeux

Léonard Bourgois-Beaulieu
Tout le monde sait que je disparais
sauf toi.
Je dors à tes côtés, et la nuit je sors
du lit en laissant mes jambes près de toi.
Ce qui est sûr, c’est que je disparais
mais avec toi
(du moins laisse-moi le croire !)
Je suis la perle qui créée son âme rugueuse
et triste.
Carmen Boullosa
Hajime Kimura
une ombre
jaune
patiente derrière la porte
je n’attends personne
peut-être
est-ce quelqu’un
peut-être
autre chose
je me calme
la lumière pourtant
demeure

Kyle Tomson
à la manière
dont tu tiens ce verre
je sais
que tout est déjà dit
la nuit
jette des éclats de lune
par-dessus la terrasse
au loin
un moteur insiste
le vent faiblit
nous restons là
interdits

Adèle Berthelin