exfoliation
de jours inutiles
dans l’espace blanc
silencieux
du trop revenir
au presque rien
n’avoir foi
qu’en l’étoile –
la lumière
veilleuse du doute
seule
la bouche hésite
devant cela

Cristina Iglesias
Berge du lac de l’Ouest
rouges et bleus
tabourets d’enfants en plastique
thé aux pétales de lotus
son or entre les dents noires
des femmes aux yeux cataractés
à la noix d’arec le café
les grains de sucre raclent
le gosier des hommes silencieux.
Sabine Huynh
Bertrand Delay
le silence cède
par endroits
un peu de jour
me traverse –
la blancheur seulement
puis
des images plus
que des mots
quelque chose
semble enfin prendre
forme

trente Park
un souffle
effleure le bout de
mes lèvres
pourtant
je suis seul
et je ne dors pas
je penche
un peu la tête
j’entrouvre les doigts
ma main fouille
dans le silence de la chambre
elle sait
pourtant que personne
n’entre là

Dolorès Marat
tu te tiens
droite
face à la rivière
comme si
quelque chose
devait revenir
les arbres baignent
dans l’eau
le vent en défait
le reflet
je cherche
dans le silence
les mots que tu retiens

Cette nuit le diable avait forte carrure
tenant sa proie de solitude croyait-elle
un bleu pur nous réveille
quelle ombre de toi s’est nouée à mes plis
me déprendre
délivrer tout mon dû frissonnant
je, nue, à l’ombre déployée
plus de quarante foulées dépensées
sans visible sésame
enfin la source pleure
et la forêt gorgée de nids
Sabine Dewulf
Richard Tuchman