je cherche un nom
à rebours
il flotte
entre deux silences
opaque
comme un linge
dans le vent
la main écrit toujours –
quelque chose
du pardon
cherche le passage

Bertrand Delai
Heure de vent
nuit contre la nuit,
ici, dans ma nuit.
Le vent taureau
court, s’arrête, tourne,
va quelque part ?
vent sombre
dans les entrecroisements
se brise l’âme.
Comme moi-même,
accumulation colère
sans dénouement.
Où suis-je ?
Le vent vient et va ;
Ni ici, ni là.
Miroir Aveugle.
Octavio Paz
Trent Parke
c’est danser qu’il faudrait
est-ce qu’on saura ?
est-ce qu’on saura
tomber un peu ?
laisser l’incertitude
remplir nos ventres
se tenir ne pas se tenir
entrer dans le vert
qui grandit derrière nous
mourir un peu et revenir
est-ce qu’on saura ?
Mira Wladir
Ana Vallejo
jamais le cœur si grand
qu’en haut d’une falaise
la place pour qu’il s’étende
ouvre son ciel
plein soleil
plein vent
être à soi à l’autre
au monde
pleinement
Mélanie Leblanc
Bertrand Delai
châteaux
de fer
et nuits d’orage
artifices détrempés
esprits
pareillement au songe
aliénés
sable poussière
nid de poussières
mots écornés
quoi d’autre
encore ?
l’aube est silence
d’un conduit de fumée
quelques mots rougis
sous un voile de fumée –
suis-je bien
celui que tu as aimé
?

Kati Dovelos
dans l’angle où on dort, une équerre de bois ferme le ciel, on écoute la nuit descendre dans la voix la plus basse, un souffle court dans les feuilles par l’herbe plaquée, couleur de bête morte, sous le temps qui penche disparaît un pays sans bruit, les mains serrent sur le drap le froid découpé vif dans la fenêtre, où on regarde on ne rejoint plus rien, on respire mal par les trous du sommeil, la lampe n’éclaire pas dehors, à peine un faisceau de gris aux bords rongés, et l’humidité des arbres, mais à portée des yeux le fil droit des rainures de sapin, la nuit de la fenêtre, plus noire dans le noir quand on allume la petite ampoule, une bête longe la barrière
Mary-Laure Zoss
Patxi Laskarai