la nuit rentre
ses griffes
tu sanglotes à peine
je me tais
la cendre reste tiède
il y aura demain
des sourires blancs
et ce mensonge –
aller comme si
de rien n’était

Alberto Burri
Ombre glissant dans l’ombre
chassée par l’ombre la chassant
à travers troncs branches et feuilles
tu te glisses
La plante de tes pas
Tu agites les eaux
les déploies en rouleaux frangés
qui feuillettent les terres
les étagent
déplient
de page en page
Raphaël Monticelli
Mikiya Takimoto
ce souffle ancien
celui du vent dans les hautes herbes
celui du temps que l’on nomme
dieu
les jours passent
en filigrane –
nid d’ombre et de lumière
quand nous
frêles silhouettes
marchons toujours
en suivant la trace
des oiseaux

Makoto Fukui
jour
sous la cendre
presque sans poids
qui passe
le temps d’un frisson
dans la lumière
du ciel

Jan Reich
la main effleure
la poussière des ombres
aussitôt
quelque chose cède
s’efface
au moment d’apparaître
la main insiste
palpe le vide
une brèche s’ouvre
et sur la page
tremblant
un visage nait
déjà prêt à se fendre

s’il
convient maintenant d’ouvrir les yeux,
ce
sera comme on remonte du fond d’un lac,
brasses
lentes de la pensée,
vers
la surface enfin
où nous attend d’une seule vue
l’étrangeté
des commencements.
Patricia Castex-Menier
Marine Lanier
obstinée
la lueur s’attarde
aux façades de la maison
ouverte
un mot fuyant
s’échappe
entre mes lèvres
les murs eux
demeurent
ils veillent
sur nos ombres
muettes

Will Hooper