Charles Baudelaire

Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience.

C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n’avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d’exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu’aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue ?

Charles Baudelaire / Préface de Le Spleen de Paris

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La vie de famille



l’habituel

pas de deux

sur la faïence écurée –

les pieds

d’abord se croisent

les regards se heurtent

un éclat de voix

puis

les mots

se jettent au visage –

les motifs à jamais

cultivés

Miro

 

Maisons



de ta bouche

la fumée qui grossit

le frimas parisien

ciel de novembre

l’acier grince

et sous le ventre

des chevaux de bois

s’enroule l’herbe grise

la robe ivoire

du demi-sang

qui t’emporte ailleurs

ce regard

comme halluciné

terrain-vague