Les arbres morts sont là, fous, figés dans un désordre fixe, tellement, que le vent ne veut plus d’eux. ils sont entiers martyrs, ils sont noirs, du sang noir des arbres tués par le feu.
Marguerite Duras – in « Écrire »
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Les arbres morts sont là, fous, figés dans un désordre fixe, tellement, que le vent ne veut plus d’eux. ils sont entiers martyrs, ils sont noirs, du sang noir des arbres tués par le feu.
Marguerite Duras – in « Écrire »
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Fleur sans fleur
Brume sans brume
Venant à la mi-nuit
Partant au petit jour
Arrivant comme un songe de printemps hors saison
S’en allant comme une nuée du matin
Sans chercher à s’établir.
Po Chu I
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http://angelina-nove.tumblr.com/post/132010726864/angelina-nove-soleil-du-soir
Ces menus poissons blancs sont tristes.
Et vraiment leurs prunelles noires
Leurs prunelles sont délicates !
Déjeunant dehors
Indifférente
Et mélancolique
Pourquoi écouterais-je les oiseaux ? Ils ne font que chanter.
Seisei Murô
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http://www.artbrut.ch/fr/21004/1042-1/auteurs/fusco–sylvain
Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience.
C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n’avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d’exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu’aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue ?
Charles Baudelaire / Préface de Le Spleen de Paris
Ondée sur les feuilles
le vent la balayant
je ne dirais pas non
à une saison éternelle
le goût de toi sur mes lèvres
Janick Belleau
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http://www.oai13.com/webphoto/le-jour-ou-raymond-depardon-a-sauve-la-web-photographie/
l’habituel
pas de deux
sur la faïence écurée –
les pieds
d’abord se croisent
les regards se heurtent
un éclat de voix
puis
les mots
se jettent au visage –
les motifs à jamais
cultivés

Miro
Les pensées sont à l’arrêt
comme les carreaux de faience
de la cour du palais.
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Thomas Transtromer (in « La Grande Énigme)
http://www.bussoga.com/index.html
de ta bouche
la fumée qui grossit
le frimas parisien
ciel de novembre
l’acier grince
et sous le ventre
des chevaux de bois
s’enroule l’herbe grise
la robe ivoire
du demi-sang
qui t’emporte ailleurs
ce regard
comme halluciné

A côté de toi
qui dors d’un sommeil léger
dans ce sac de voyage
des recueils de poèmes d’amour
anciens et nouveaux.
Yosano Akiko
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http://www.chrystelmialet.com/