Cette brume aussi passera,
cet hiver sans pluie,
les hirondelles reviendront et toutes
les formes vivantes
vivront
avec les algues et les rêves
que je reconnaitrai.
Robert Veracini
Une maison là-bas
avec sa porte ouverte
et ses deux tourterelles
récitant inlassablement le nom de l’absent
Une maison là-bas
avec son puits profond
et sa terrasse aussi blanche
que le sel des constellations
Une maison là-bas
pour que l’errant se dise
j’ai lieu d’errer
tant qu’il y aura une maison
là-bas
Abdellatif Laabi
sa voix
souffle l’ombre
et la clarté
une simple feuille
tombe
cela suffit
pour qu’elle rende
au monde
l’invisible beauté
et dans le silence
de l’après
il reste
toujours une prière
qui ne finit pas
Hineni
Hineni

A ces mots » le christ était un homme »,
les yeux de ma sœur, bien qu’attristés,
m’ont pris en pitié.
Ishikawa Takuboku
mais comment dire l’amour
le désastre et le commencement
le temps courbé sous la veille infinie
et les débris de plâtre
incrustés sous la peau –
Lorand Gaspar
« Ne jamais faire de violence à sa propre âme ; ne jamais chercher ni consolation, ni tourment ; contempler la chose, quelle qu’elle soit, qui suscite une émotion, jusqu’à ce que l’on parvienne au point secret où douleur et joie, à force d’être pures, sont une seule et même chose : c’est la vertu même de la poésie. »
Simone WEIL – « Écrits historiques et politiques »
Ciel plus limpide
que nuit d’été.
On sent
le mouvement de la terre.
Insimulable, manque la senteur du foin,
la festive sirène
le murmure
des amants.
Antonio Osirio