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Jeunes vieux
passants que la nuit traverse
la mer et ses feux.
les uns rient plus haut que les toits
et parfois trébuchent
comme si leur ombre même
brulait à l’intérieur.
Guy Goffette
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
Elle pensait peut-être que jamais
ce ne pourrait être une vraie catastrophe
si tout était propre et bien rangé
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Elle pensait peut-être en entrant
dans une autre maison que ce pourrait
être la sienne car l’odeur lui était familière
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Elle pensait peut-être que rien ne dure
pas même les murs de la maison
sans l’intervention d’un mensonge apaisant.
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Hanne Bramness
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Le mur est blanc
et brusquement
sur le blanc du mur tombe la nuit.
Il y a un cheval proche du silence,
une pierre froide sur la bouche,
pierre aveuglée de sommeil.
Je t’aimerais si tu venais maintenant,
si tu penchais
ton visage sur le mien tellement pure
et tellement perdu.
O vie.
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Eugénio de Andrade
Jean-Christophe Philippi – Trinité février 2003
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Amère ma rosée
Sur les bouches tendues
N’abandonne pas
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Ces lumières tremblantes
Ni cette densité
où germent la soif
La faim
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Peut-être que dans les poitrines
Une rose
Veille à la stricte monotonie des astres
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Peut-être un chien
Un buisson de fenêtres
Peut-être
Une femme buste lumineux
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Peut-être une mort
Et la descente douce vers l’eau
De ceux qui savent.
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Gérald Neveu
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Savoir si quelque chose
N’est pas dans ce coin justement là
Où il n’y a jamais rien
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Tu lis
Comme si tu désespérais
Comme si un presse-papier
Eût écrasé les violettes
Comme si dans ce coin
Brûlait
Une lumière d’ailleurs
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Jiri Olic
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nous vivons en faisant cuire des pierres
nous les cuissons à petit feu
nous faisons cuire des pierres
nous vivons en cuisant des pierres
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sans colère
sans amour
sans faim
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ce n’est pas à cause de nos aspirations, bien sûr
il n’y a qu’un seul éclat de pierre
nous ne faisons que mitonner les pierres
sans raison
sans but
ce n’est pas folie du tout, bien sûr
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Kikuo Takano
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Peu
reviennent Ceux que la nuit relie
à leur destin informe se contentent
de dormir C’est là
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fin de l’hiver Le ciel n’allume
que les étoiles qui dans la mer
se forment
Peu reviennent
.
au présent, berceau
du temps tout entier. Il n’est ni mémoire ni
mer ni main qui puisse recueillir
la lumière que perd la nuit,
chaux
dont elle mouille ceux qui s’en reviennent.
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Gastao Cruz
Étude au crayon de Edward Hopper pour « Nighthawks »