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Savoir si quelque chose
N’est pas dans ce coin justement là
Où il n’y a jamais rien
.
Tu lis
Comme si tu désespérais
Comme si un presse-papier
Eût écrasé les violettes
Comme si dans ce coin
Brûlait
Une lumière d’ailleurs
.
Jiri Olic
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
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Savoir si quelque chose
N’est pas dans ce coin justement là
Où il n’y a jamais rien
.
Tu lis
Comme si tu désespérais
Comme si un presse-papier
Eût écrasé les violettes
Comme si dans ce coin
Brûlait
Une lumière d’ailleurs
.
Jiri Olic
.
nous vivons en faisant cuire des pierres
nous les cuissons à petit feu
nous faisons cuire des pierres
nous vivons en cuisant des pierres
.
sans colère
sans amour
sans faim
.
ce n’est pas à cause de nos aspirations, bien sûr
il n’y a qu’un seul éclat de pierre
nous ne faisons que mitonner les pierres
sans raison
sans but
ce n’est pas folie du tout, bien sûr
.
Kikuo Takano
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Peu
reviennent Ceux que la nuit relie
à leur destin informe se contentent
de dormir C’est là
.
fin de l’hiver Le ciel n’allume
que les étoiles qui dans la mer
se forment
Peu reviennent
.
au présent, berceau
du temps tout entier. Il n’est ni mémoire ni
mer ni main qui puisse recueillir
la lumière que perd la nuit,
chaux
dont elle mouille ceux qui s’en reviennent.
.
Gastao Cruz
Étude au crayon de Edward Hopper pour « Nighthawks »
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Surgissant sans prévenir devant moi dans un jardin enneigé
Cette fleur d’un bleu tempête dont j’ignore le nom
Il suffit de me pencher pour qu’elle réapparaisse
.
Allongée de tout mon long sur la steppe
Dans le bleu du ciel
Le monde, lui et moi, nous deux
Nous sommes très jeunes, encore plus jeunes
Notre sourire
A un goût d’école buissonnière
.
Est-ce le retour, un rêve ou avons-nous vieilli
Cette fleur bleu tempête placée entre nous
Nous deux, le monde et moi
Ne cessons de revenir.
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Gullen Akin
Antonio Silverini
Une maison là-bas
avec sa porte ouverte
et ses deux tourterelles
récitant inlassablement le nom de l’absent
Une maison là-bas
avec son puits profond
et sa terrasse aussi blanche
que le sel des constellations
Une maison là-bas
pour que l’errant se dise
j’ai lieu d’errer
tant qu’il y aura une maison
là-bas
Abdellatif Laabi
A ces mots » le christ était un homme »,
les yeux de ma sœur, bien qu’attristés,
m’ont pris en pitié.
Ishikawa Takuboku
mais comment dire l’amour
le désastre et le commencement
le temps courbé sous la veille infinie
et les débris de plâtre
incrustés sous la peau –
Lorand Gaspar