Propos de l’après


dans

la blancheur

des songes


pas un mot

pour creuser

l’explication


seuls

un épais silence


et ce souffle

léger

sur la plaie

encore ouverte

Pierrette Bloch

A nu



je suis seul

à nu

sur la pointe des os

le vide

l’effort d’y tenir

encore cette lumière

blanche

dans mes yeux

et le silence –

le cri d’un tissu

qu’on déchire

trente Park

L’approche


une ombre

glisse

le long du mur


dans l’espace

entre nous

je tends une main

sans l’atteindre


son souffle

léger

effleure pourtant

mes lèvres


une paix

alors avance

sèche

et nue


Dolorès Marat

Poème de l’avant


tu te tiens

face à la rivière

le dos droit

comme un refus

tu ne dis rien –

j’aime tant

ce rien-là

les arbres défilent

lentement

dans chaque silence

je cherche

le mot

que tu retiens

Caroline Dufour

Convoi


les jours

qui passent

en filigrane

tissent un nid

d’ombre et de lumière

à force

j’envie

ces frêles silhouettes

qui traversent

le jour

sans laisser de trace

Makoto Fukui

La nuit, le jour


la lueur

s’obstine

sur les façades

de l’immeuble

une fenêtre

s’éteint

une autre

s’allume

un cri

traverse la rue

les murs

ne bougent pas

Will Hooper

Confidence


au sortir

de l’absence

le ciel s’ouvre plus vaste

plus profond

le vent geint

dans une langue familière

des oiseaux sans cri

sans poids

s’accrochent à l’ombre

s’y fondent

comme pour en adoucir

la chute

Le postier tchèque

L’arrière-cour



la rue

silencieuse

et ces fenêtres

encore allumées

dans l’arrière-cour


sans bruit

la neige

recouvre les choses


est-ce

mon regard

qui suit ton pas


ou l’hiver

doucement

qui vient me chercher

Caroline Dufour

Dans l’après-midi


combien

de silences

faut-il

pour que ton absence

se taise enfin

le vent

me frôle

sans me trouver

je lève les yeux

tu

ne réponds pas

Dominique Hérion