enroulés
dans le vent qui mord
la falaise
de l’arrière vers l’avant
et d’un bout à l’autre du versant
ils balancent
hilares
jusqu’à l’instant
où leurs mains cédant
ils plongent au coeur
de l’ouragan

Cédric Klapisch
morceau d’une chose qui a été déchirée
enroulés
dans le vent qui mord
la falaise
de l’arrière vers l’avant
et d’un bout à l’autre du versant
ils balancent
hilares
jusqu’à l’instant
où leurs mains cédant
ils plongent au coeur
de l’ouragan

Cédric Klapisch
même
maison même
couloir même
chambre
et cet homme –
à l’identique
sur le lit
nu
qui attend
un livre
à la main

Ryan Molnar
ce chat
noir et blanc
qui le soir
rôde
dans le jardin
je l’appelle
KAWAMURA
KAWAMURA
parle trois langues
il prépare le thé
cuisine – dit-on
la viande blanche
il sait rouler
des épaules
crache mieux qu’
un officier
ceci dit
comme il vit sans ami
le chat KAWAMURA ignore
qu’il vieillit

un rivage
désert
dans l’à-vif du soir
de la lumière mouillée
les senteurs ocres
du planisphère
la pierre qui pousse
sous mes pieds

Erwin Olaf
ce mot
qui attend
dans le pli
des lèvres
cette manière
de le dire
sans jamais
le prononcer

Jesse Boyd-Reid
il pleut
dans la chambre
je pourrai
ouvrir la fenêtre
hurler –
« la mort est bleue
les femmes s’enfuient
avec la lune »
je ne le fais pas

Will Hooper
(de) * Extraits du corps – Bernard Noêl