Vérrou

.

à peine un mot

ce mot

et tu tournes le dos

pour trancher l’intérieur de

ta propre histoire

image-e1448366370628 Hélène Duclos

Au fusain

à l’endroit

où bifurquent

les songes

une ombre

épaisse

sous un chapeau mou

dit à ceux

qui sont

arrêtés  –

du tronc coule

une eau bleue

le vent efface la pierre

et la lune entière

viendra franchir

l’horizon

Jean-Pierre Vanhonsebrouck

Esprit fidèle



Esprit infidèle

curieux

que nos rêves

se croisent

sur ce rivage

comme si

à l’écart du monde

quelque chose pouvait

encore demeurer

ou peut-être

n’est-ce qu’un poème

qui vient là

se glisser

Carla Sutera Sardo

André Velter

 

«  Avant de savoir si j’apprécie ou pas le texte que j’ai sous les yeux, j’aime à ce qu’il ne ressemble à rien de connu. Dès qu’un référent se superpose ou reste en filigrane, la lecture perd beaucoup de son intérêt pour moi. On peut bien sûr déceler dans un poème des résonances, des résurgences, des influences, mais ce qui est vraiment décisif, ce sont les sonorités inédites, les alliages de sons et de sens qui n’avaient pas encore été tentés, risqués, expérimentés. »

André Velter

L’ordre

 

Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.

Ça ne va pas tout seul :

Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre

Et qui préfèrent crever.

À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,

Et presque plus d’idées.

 

Géo Norge

Jean Dubuffet

Fin de route


peu importe

où la route poursuit

sa poussière


je resterai

derrière la clôture

invisible


à l’abri

de ceux qui ne regarde

personne

.

Mo Langel

Le charmant Som


du ciel brouillé

une ombre

par-dessus nos têtes 

qui d’un seul coup d’aile

fendant le rêve

dépasse les crêts

de pierre

.

Cross street

.

curieuses

ces deux maisons

appuyées

l’une contre l’autre

rien ne passe

par le milieu

ni souffle

ni ombre

même la lumière n’ose

s’aventurer

 Liu Bolin

Santa Fé



le vent

comme en songe

dans ses cheveux

blancs

c’est l’après-midi

il est assis

à l’ombre des pommiers en fleur

il dort

le visage en sueur

des oiseaux

plus haut

s’impatientent

j’aperçois

alors deux soleils blancs

qui se croisent

dans le ciel

Mathias Valewink

D’un seul mot



jour

après jour

à reculer

dans l’effritement

des choses

la lumière devient

pâle et rose

la rue

long trait qui s’étire

jusqu’à l’entrée

se tait

peut-être

vivons-nous déjà

à l’autre bout

du songe

Jonathan Waiter