indifférente
à la foule
qui languit
sur le garde-corps
tu te hisses –
ma belle
pour saisir du regard
Paris
sous les brume
l’hydre engloutit
l’horizon
et la ville –
tu dis
n’en est que plus
belle

indifférente
à la foule
qui languit
sur le garde-corps
tu te hisses –
ma belle
pour saisir du regard
Paris
sous les brume
l’hydre engloutit
l’horizon
et la ville –
tu dis
n’en est que plus
belle

« Écrire, en poésie, disons plutôt en direction de la poésie, c’est assurément tenter de forcer sa voie vers l’immédiat dans la chose, vers ce que j’appelle la présence, et cela prend et reprend sans cesse, ou devrait sans cesse reprendre, l’aspect d’une sorte de théologie négative : celle-ci est la déconstruction des représentations dont sont faites nos idées du monde et des autres, conceptuelles et donc abstraites et réductrices. Ce négatif est le début de la poésie et quand quelqu’un est parvenu en ce point, réellement, c’est parce que depuis un moment déjà, il a fait de ce travail sa grande entreprise, abandonnant les affirmations naïves de son lyrisme d’adolescent pour entrer ainsi dans les mots par en dessous du réseau de leur signification, au risque d’ailleurs de ne rien dire au sens habituel du mot dire ».
Yves Bonnefoy – in « L’inachevable ».
Ma Lucie avait-elle les pieds dans le ruisseau ?
Trois immenses peupliers
une étoile.
Le silence mordu
de grenouilles parait
une gaze piquée
de verts grains de beauté.
Sur la rive
un arbre sec
se voit fleurir en cercles
concentriques.
Et sur l’eau mes songes s’évadent
vers une fille de Grenade
Frédérico Garcia Lorca
Quand on regarde le ciel
On aperçoit distinctement un rang de chaises
Ça commence par des chaises comme un point
D’un état à peine discernable
peu à peu elles grandissent
A mesure qu’elles vont au loin elles grandissent petit à petit
Maintenant plus imposantes qu’une garde d’honneur
Ou alors figures pures et modestes
Tous du long rangées jusqu’au bout
Sur ces chaises de même forme si solidement bâties
Sur aucune d’entre elles n’est assis un homme
Nul homme ne peut s’imaginer qui conviendrait
A ces chaises.
Jun Takami
http://www.artlimited.net/image/fr/575956
Naître en prenant le temps l’espace
comme on prend un train pour ailleurs
pour des vergers comme des pages
d’abeilles butinant le blanc
quand l’allégresse des enfants
surgit de la légende fraîche
du linge qui gifle le vent
Raymond Farina
Ruban d’arbres tissés de brumes diffuses
Ceintures de montagnes à la nostalgie émeraude
Le soir pénètre dans le pavillon
Quelqu’un s’attriste là-haut
Ceinture de montagne
Vaine attente sur le perron
Les oiseaux se hâtent au retour
Est-il donc voie de retour pour les humains ?
Tant de kiosques le long des routes,
de loin en loin…
Li Po
.
» Je pense qu’il est important d’être quelque part, d’avoir simplement une histoire à soi. Ça peut être avoir un père corse et une mère auvergnate, habiter dans le XVe arrondissement. Il est important de se connaitre, de travailler sur quelque chose qui est soi. Le rêve, c’est de parler de son village et que ce village devienne celui de tous les autres parce que c’est celui qui regarde qui fait l’oeuvre. On parle d’une chose très personnelle que l’autre s’approprie, transforme et modifie. L’avantage des images à ce niveau, c’est qu’elles sont moins précieuses que les mots : chacun peut y prendre ce qu’il veut, c’est une auberge espagnole. »
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Christian Boltanski – Les Inrockupitibles Hors série / Interviews
http://www.grazia.fr/culture/expos/articles/boltanski-l-artiste-simple-et-mortel-793520