Don Delillo

« Lorsque j’écris avec ma machine, je produis des caractères bidimensionnels, un a, un b ou un c par exemple. Ils sont plats mais je les perçois pourtant comme tridimensionnels, comme une sculpture que je peux toucher. Quand on compose un mot sur une page blanche, je considère que c’est comme travailler à une sculpture, comme malaxer de la glaise ou travailler du marbre. Dans les mots et dans les phrases, il y a un attrait esthétique qui n’a strictement rien à voir avec le sens. » – Don Delillo

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Charles Baudelaire

Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience.

C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n’avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d’exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu’aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue ?

Charles Baudelaire / Préface de Le Spleen de Paris

Image http://www.magazine-litteraire.com/

La vie de famille



le souffle

du bandonéon

et aussitôt

le pas de deux

les corps s’entrecroisent

les pieds se heurtent

on perçoit

à l’étage

les éclats de voix

les mots jetés

au visage

ces motifs

qui se répètent

à l’infini

Miro

 

Bleu



nos chairs –

peaux ombres

mêlées

dans la douceur

du matin


un souffle

à peine


vos mains

laissées là


afin qu’au

plus tard

la parole

ne revienne

Egon Schiele


Spleen

.

ni la ville

par instant

quand la porte

s’ouvre

ni la voix

cassée

de cette femme

au verso

ni le rose

épice

qui fond

dans l’assiette

ni l’or

du silence

cueilli

en chemin

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