Christian Boltanski

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 » Je pense qu’il est important d’être quelque part, d’avoir simplement une histoire à soi. Ça peut être avoir un père corse et une mère auvergnate, habiter dans le XVe arrondissement. Il est  important de se connaitre, de travailler sur quelque chose qui est soi. Le rêve, c’est de parler de son village et que ce village devienne celui de tous les autres parce que c’est celui qui regarde qui fait l’oeuvre. On parle d’une chose très personnelle que l’autre s’approprie, transforme et modifie. L’avantage des images à ce niveau, c’est qu’elles sont moins précieuses que les mots : chacun peut y prendre ce qu’il veut, c’est une auberge espagnole. »

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Christian Boltanski – Les Inrockupitibles Hors série / Interviews

Imagehttp://www.grazia.fr/culture/expos/articles/boltanski-l-artiste-simple-et-mortel-793520

l’Homme-marron


le ciel

ne retient rien

ni la chaleur ni l’ombre

des nuage


le vent hésite

entre deux rives

à chaque fois

il oublie l’adresse


l’homme

surveille le fleuve

la picolette elle

chante dans sa cage

 

Le dernier gibier (extrait)

 

Bien plus bas que ces jeux aveugles

où meurt l’espace

la gorge d’un lézard où la vie s’ensoleille

et le mur qui palpite au couchant

un brin d’herbe porte le secret

d’un monde disparu, intact

 

A la verticale soudain

le vent rit follement

qui est ce messager heureux

 

Pierre Albert Jourdan

Paul Gaugin – Paysage près Arles 1888

 

Chanson diverse

 

Même chez soi, la vie part à la dérive et sur les vagues

nous flottons sans vraiment savoir où nous allons.

 

Anonyme – extrait du Man’yōshū (8ème siècle)

Imagine

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le gout aigre

du café

enroulé

sur lui-même

 .

there’s no countries

 .

ses doigts

crochés

à une prise

de tabac

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It isn’t hard to do  

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un bord de mer

en suspens

rincé

à l’aquarelle…

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Nothing to kill or die for

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nos regards

plongeant

de part et d’autre

de l’horizon

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And no religion too

Image www.virusphoto.com/

Philippe Jacottet

 » Simplement, il est sûr que tout poème, pour moi, est toujours donné par un choc émotif, imprévisible, une surprise, et ne saurait exister sans cette impulsion initiale. Il s’écrit plus que je ne l’écris vraiment, dans un état de disponibilité intérieure, comme entre veille et sommeil. Certes, il peut y avoir ensuite des retouches, mais jamais un travail acharné qui ne pourrait que le détruire. »

Philippe JACCOTTET

Couchant



ces silhouettes

qui se détachent

sur la grève

ombres vouées

à disparaître

avalées par la rumeur

qui avance

lentement sous la ligne de feu

et les enfants

joyeux

courant après les vagues

et toi debout

baignée de lumières

qui les voit

s’éloigner


de loin en loin

le silence

devient le cœur-même

du paysage

Image Charles ATAMIAN

(de) Sable mouvant

 

(…) Alors
Je prie le ciel
que nul ne me regarde
Si ce n’est au travers d’un verre d’illusion
Retenant seulement
Sur l’écran glacé d’un horizon qui boude
Ce fin profil de fil de fer amer
Si délicatement délavé
Par l’eau qui coule
Les larmes de rosée
Les gouttes de soleil
Les embruns de la mer.

Pierre REVERDY

Image Tsuruko Yamazaki