cette lumière
venue se coucher sur le mur –
je croyais le jour
parti
quelque chose
demeure sur le plâtre
un rai
si faible qu’on pourrait
ne pas le voir
je vais rester là
jusqu’à
ce qu’il s’efface

Alexandre Silberman
cette lumière
venue se coucher sur le mur –
je croyais le jour
parti
quelque chose
demeure sur le plâtre
un rai
si faible qu’on pourrait
ne pas le voir
je vais rester là
jusqu’à
ce qu’il s’efface

Alexandre Silberman
J’ai grandi avec l’espace
Les voix sont simples
Parfois j’emprunterais
Les mots des poètes
Tu es là
Je suis là
C’est chez toi
Que tu me fais
Entendre la terre
Joséphine Bacon
Jean Paul Riopelle
dans un coin nu
de la chambre
j’entends
la nuit respirer
est-ce une ombre
un songe ouvert
j’ouvre les yeux
le souffle ne faiblit pas
tout près
quelqu’un doit veiller

Shuji Takashi
Comment quitter le lac ?
Comment trouver un élément plus ferme
auquel s’accorder ?
On avait travaillé une route au cœur des nuits
froides. On avait élu domicile aux antipodes.
Le moteur tournait, mais la voiture ne quittait
jamais le lieu, des sapins avaient poussé dans
l’habitacle. Le lac persistait derrière la vitre,
avec son charme de premier abri.
Anna Milani
Yves Lacroix
un poème
surgit
dans la blancheur de l’air
comme si
le hasard lui décidait
nul visage promis
aucun nom d’écrit
juste un souffle
en dedans
qui surpasse la voix

Bertrand Delais
une ombre
silencieuse
qui s’allonge près de moi
comme une eau froide
au fond du lit
le drap perd
un peu de son sommeil –
j’attends
le silence
parait toujours plus vaste
que la nuit

Kathleen Meier
des maisons
ici
et là se tiennent
fenêtres ouvertes pourquoi
ne se demande
pas un seul
passant
est-ce que je ne saute
pas
dans la vie
des espaces
Eva-Maria Berg
Gerd Luwig
Sans me regarder
ma mère me voit
tel un paysage
où elle n’aurait pas grandi
« Tu es l’image
de ton père
dit-elle
en me lavant
comme un mort »
Mes os
radeaux de sauvetage
glissaient dans le sang
Anise Kolz
Kylet Thomson