à chaque nom
il manque d’être
le nom
chacun fut un début
qui rêva de fonder
le commencement
chacun dans ce rêve
s’est couvert d’un visage
floraison du bref
que sa propre brièveté
efface
Bernard Noël
d’écrire des poèmes, disons,
n’est pas une histoire de réussite personnelle
cette surprise
Sur le chemin du travail
deux papillons blancs
& du trèfle le long des trottoirs
de demander
de vouloir en tirer autant.
Paul Blackburn
ce qui
de l’intérieur
nous force à rompre
l’écorce des jours
ce sont ces images
accrochées au mur
fabuleux
car quelle que soit
le souffle
ou quelle que soit
la profondeur
des eaux
elles arborent encore
ce vers quoi
nous pourrions
aller

Philip Holt
Puis-je entrer
des êtres regardant le champ
comme des hommes : blé, vent
& la soie rouge des pensées
A perte de vie
(Pour chaque corolle)
Un espace se disjoint
Silence sur tes yeux
sur le front du hasard
je tresse une couronne de
coquelicots
avec un seul fil : blé, vent
qui s’engouffre à l’infini
Sophie Bressart
» Ne rien dire, rien faire, marquer un temps d’arrêt, ployer, se redresser, se faire un reproche, être debout, aller à la fenêtre, dans le mouvement changer d’avis, retourner à sa chaise, encore être debout, aller à la salle de bain, fermer la porte, ouvrir ensuite la porte, aller à la cuisine, ni manger ni boire, retourner à la table, être lasse, tenter quelques pas sur le tapis, se rapprocher de la cheminée, la regarder, la trouver terne, tourner à gauche jusqu’à la porte principale, revenir à la pièce, hésiter, continuer, juste un peu, un brin, s’arrêter, tirer le côté droit du rideau, puis l’autre côté, regarder le mur. » –
Etel Adnan