d’où vient
l’eau qui coule
sur mon visage
et pourquoi
ces doux murmures
à mon oreille
mon corps
sur l’herbe détrempée
pèse la pierre
la nuit
est pleine de phares
et de cris
on dirait une mère
qui voudrait
reprendre un petit

Takashi Shuji
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» Je pense qu’il est important d’être quelque part, d’avoir simplement une histoire à soi. Ça peut être avoir un père corse et une mère auvergnate, habiter dans le XVe arrondissement. Il est important de se connaitre, de travailler sur quelque chose qui est soi. Le rêve, c’est de parler de son village et que ce village devienne celui de tous les autres parce que c’est celui qui regarde qui fait l’oeuvre. On parle d’une chose très personnelle que l’autre s’approprie, transforme et modifie. L’avantage des images à ce niveau, c’est qu’elles sont moins précieuses que les mots : chacun peut y prendre ce qu’il veut, c’est une auberge espagnole. »
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Christian Boltanski – Les Inrockupitibles Hors série / Interviews
http://www.grazia.fr/culture/expos/articles/boltanski-l-artiste-simple-et-mortel-793520
Je ne suis pas ici
ici n’est pas
il n’y a pas d’ici
si ici était
je ne pourrais
marcher
ni faire paroles
ici est un prétexte
dire : je pars
est un mensonge
Il y a tant d’ici
qu’aucun ici n’est
et ne s’arrête
mais volatil
on ne l’attrape
ni s’y couche
ou s’endort
ici est un mot.
Jean Todrani
Bien plus bas que ces jeux aveugles
où meurt l’espace
la gorge d’un lézard où la vie s’ensoleille
et le mur qui palpite au couchant
un brin d’herbe porte le secret
d’un monde disparu, intact
A la verticale soudain
le vent rit follement
qui est ce messager heureux
Pierre Albert Jourdan
Paul Gaugin – Paysage près Arles 1888
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le gout aigre
du café
enroulé
sur lui-même
.
there’s no countries
.
ses doigts
crochés
à une prise
de tabac
.
It isn’t hard to do
.
un bord de mer
en suspens
rincé
à l’aquarelle…
.
Nothing to kill or die for
.
nos regards
plongeant
de part et d’autre
de l’horizon
.
And no religion too
Hier je t’ai vu en rêve et c’était la deuxième fois.
Mais six fois déjà j’ai rêvé de ton mari.
Même en rêve je ne peux parler longtemps avec toi.
Mais avec lui je parle, je me promène dans mes rêves.
Les rêves sont contre moi. Ah,
Je doute de l’autre monde !
Quand je t’ai vu en rêve, je me suis aussitôt éveillé
Et j’ai mis du temps pour me rendormir.
Mais les rêves de ton mari s’éternisent
Et le lendemain, oh, j’ai mal à la tête…
Faut-il le dire ? Une fois au moins je voudrais en rêve
Tuer ton mari, voir ce qui se passerait
Si j’en aurais quelque regret
Aru Hito Ni
Traduction d’Yves Marie Allioux
http://lesphotosdejielbe.fr/index?/category/165-musee_art_contemporain
» Simplement, il est sûr que tout poème, pour moi, est toujours donné par un choc émotif, imprévisible, une surprise, et ne saurait exister sans cette impulsion initiale. Il s’écrit plus que je ne l’écris vraiment, dans un état de disponibilité intérieure, comme entre veille et sommeil. Certes, il peut y avoir ensuite des retouches, mais jamais un travail acharné qui ne pourrait que le détruire. »
Philippe JACCOTTET