peu importe
où la route poursuit
sa poussière
je resterai
derrière la clôture
invisible
à l’abri
de ceux qui ne regarde
personne
.
Mais demain a le même visage
un ciel peut-être un peu différent
pas assez pourtant pour qu’on comprenne
ce qu’on voudrait dire se retire
ce qui vient c’est toujours autre chose
tu ne t’y reconnais pas tu entres
dans ce qui au fond de la voix n’a
pas de voix tu restes là sans mots
comme la lumière sur les mains.
Jacques Ancet
mais ceux qui y moururent
et pas quand
mais comment ;
pas
les grands connus
mais les grands morts inconnus
pas
l’histoire
des nations
mais la vie des hommes.
les fables sont des rêves,
pas des mensonges,
et
la vérité change
comme
les gens,
et quand la vérité se fait stable
les gens
se font
morts
et
l’insecte
et le feu et
le flot
se font
vérité.
Charles Bukowski
je ne peux voir
la vie secrète des poissons rouges dans l’eau claire du bassin
tous mes efforts pour traverser le miroir
sont restés vains
.
un cheval sur l’antique toit
est soudain retenu par la bride
je tourne au coin de la rue
sur la route du village la poussière
cache le ciel
Bei Dao
Kourtney Roy
« Je suis très attaché à l’idée que nous ne parlions pas tous la même langue. Non pas pour des questions d’appartenance ou d’enracinement, mais pour la richesse qui en découle. Quand j’étais étudiant à Paris, je me souviens avoir demandé à un ami de me traduire les poèmes de Mallarmé, et la version qu’il en donnait était délirante. Les images changeaient. Il trouvait des équivalences bizarres et ça créait une langue magnifique. C’est ce que j’aime dans la poésie : elle est difficilement traduisible. »
Jim Jarmusch – Entretien avec Laurent Rigoulet –