un chemin
de sable
entre la roche
et l’eau
un jour levé
qui tremble
à peine
des traces de pas
presque effacées
puis
à flanc d’ombre
les visages blancs
de ceux qui ne reverront
jamais
un rivage

Céleste Dupuy Spencer
.
un sol
avec trois coquilles –
fruits anciens
que la mousse
a gagnés
l’eau –
un jus noir
et puant qu’une pompe –
sans fin soulève
et repose
cette enfant – le vert
de ses yeux – le matin
qui jette des miettes
du haut
des cieux

Marta skyro
Toutefois reste le vent dans les os
et le vent partout
lorsque la mer se retire
. et que tu crois – mais un instant seulement ! –
que tout s’arrête là
et que tu fermes les yeux en attendant
de ce monde
ou d’un autre peut-être
un signe différent
. un réveil assuré
d’une possible béatitude, un jour
Roberto Veracini
Quelque chose ment que je t’ai perdue,
je le croirais presque.
Il fait maussade et de l’humilité tout plein.
Le cœur se cabre,
l’œil brûle.
De larme aucune.
En pleurs n’est que la nuit dehors.
Isolement.
Texte et image de Paul Klee
à l’heure dite
le vent effleure les pierres
une présence proche
rase le sol – sans doute
l’humeur lasse
d’une bête
et juste au-dessus
ces oiseaux noirs
comme figés
dans le ciel
le temps suspendu
ces longues bandes
de lumière

Maude Schuyler Clay
Le temps passé dans une chambre où tout est noir reviendra plus tard. Alors j’apporterai une petite lampe et je vous éclairerai. Les gestes confus se préciseront. Je pourrai donner un sens aux mots qui n’en avaient pas, et contempler l’enfant qui dort en souriant.
Est-il possible que ce soit nous-mêmes en vieillissant ? Il y a quelques morceaux de ruines qui tombent. Ceux-là ne se relèveront plus. Il y a aussi quelques fenêtres qui s’éclairent. Et devant la porte un homme solide et doux qui connaît sa force et qui attend. Il ne reconnaîtrait pas lui-même son visage.
Pierre Reverdy