.
arrachés
à la grotte
.
coupés
de la terre
par la soif
.
de la main
par le doute
.
du verbe
par les mots
.
coupés
de nous-même
par l’œil
insatiable
.
tant de fois
orphelins
.
et nous
cherchons
la mère
.
Charles Juliet
Olivier Debré
.
arrachés
à la grotte
.
coupés
de la terre
par la soif
.
de la main
par le doute
.
du verbe
par les mots
.
coupés
de nous-même
par l’œil
insatiable
.
tant de fois
orphelins
.
et nous
cherchons
la mère
.
Charles Juliet
Olivier Debré
si la mort
n’existait pas
les peupliers iraient
jusqu’au ciel
le soir pourrait pleurer
dans les branches
et nous – humains de nature
nous brûlerions
d’un seul souffle
tout ce qui est à
notre portée

Anonyme
.
Je te cache
dans la pulsation.
.
Tu n’es plus.
Deux fois.
Noir
noir
entre les yeux
ne se détachait
de l’angle.
.
Esther Tellerman
Rosalind Fox Solomon
.
journée
le soir absorbe plus ou moins bien son poids
voilà tout
.
la mer n’aide pas on entend son bruit
de fond de mémoire sans cesse
sa lessive habituelle
.
continuer
pour quel plus loin d’air quel
espace encore à ouvrir
avec les dents les mains les mots
.
ne pas laisser comme c’est
.
Antoine Emaz
Francesco Roméro
.
Vendredi
Bureau, chaises et Mathilde en face.
Mathilde, 18 ans, intense inquiètante, sourcil noir épilé en une virgule arquée qui surmonte un regard brillant, fixe, étange. Un œil d’aigle. Il va falloir parler avec elle (Travailler avec les autres).
.
Avril Caumes
Ulrike Hannemann
.
une femme elle reste à la fenêtre elle ne
se jette pas par-dessus bord elle n’ouvre
pas elle regarde la vitre ou quelque chose
dehors derrière la vitre on n’en sait rien
elle ne dit rien de ce qu’elle voit est-ce
qu’elle voit seulement et puis son front
il est collé ça fait de la buée sur cette vitre
qui la sépare du monde
.
Albanne Gellé
Nick Mehedin
çà et là
dans la buissaie
pavillonnaire
des chats
aux yeux dilatés
quelques épines sauvages
et l’acier brut des monstres
qui attendent la fin
du repas

Yiannis Hadjiaslanis
.
« J’ai compris que, si je m’engageais pour la vie dans ce chemin qu’était l’écriture, il ne s’agirait pas seulement de “faire des livres”, l’un après l’autre, mais que ce serait une manière d’apprendre à vivre, à être, à aimer – pour le dire banalement, mais sincèrement : à devenir un meilleur être humain –
Hélène Dorion
de ce que
l’hier savait –
les saisons
les murs
la lumière qui fige
au fond de la pièce
il ne reste
que le fauteuil
et la table
d’où je t’écris
et dans ce silence
qui a tout vu
je vois
ton absence
comme une voix
jamais
qui ne se tait

Chase Middelton