Ce nom



un nom

âpre

apparait dans le heurt

du jour


presque un cri


ce nom

me prend la bouche

comme si la nuit

soudain

me remontait jusqu’aux lèvres


ma voix tremble

puis elle se tait

Francesca Woodman

Hantise



je n’habite

plus tes bras

ni ce lieu

où nous voulions exister


il ne reste là

qu’un espace clair

où lentement tout finit

par s’effacer


jusqu’à la trace

de nos mains sur les murs


jusqu’au creux

laissé par les choses

abandonnées

Francesca Woodman

La coquille



je fouille

dans l’angle mort

de la coquille


j’y trouve

une mer encore vive


un soleil blanc

sur la peau


puis des corps

sur le sable

alignés

comme après la défaite


j’ignore

ce qu’ils attendent


le vent

qui se lève

emporte les cris

des oiseaux

Francesca Woodman

Muse / 9


peut-être

n’es-tu

qu’une ombre passante

sans dû

ni promesse

un court instant

posé

sur un rêve d’eau

peut-être –

sans même le savoir

es-tu déjà

rendue

au jour qui attend

de renaitre

Francesca Woodman

Présence

.

ta voix

là où les choses ne peuvent s’extraire

de mon regard

elles me dépouillent

font de moi une barque sur un fleuve de pierres

si ce n’est ta voix

pluie seule dans mon silence de fièvres

tu me détaches les yeux

et s’il te plaît

que tu me parles

toujours

.

Alejandra Pizarnik

Francesca Woodman

fatum

le chemin

s’efface derrière


devant

la lumière change

à mesure que j’avance


ne pas se retourner

continuer


marcher sans savoir

qui appelle


marcher

Francesca Woodman