un nom
apparait dans le heurt
du jour
âpre
presque un cri
ce nom
me prend la bouche
comme si
la nuit remontait soudain
jusqu’aux lèvres

Francesca Woodman
un nom
apparait dans le heurt
du jour
âpre
presque un cri
ce nom
me prend la bouche
comme si
la nuit remontait soudain
jusqu’aux lèvres

Francesca Woodman
je n’habite
plus ses bras
ni ce lieu impossible
à faire exister
je l’entends pourtant
respirer
mais son souffle
se perd
comme une eau
qui coule
entre les pierres

Francesca Woodman
je fouille
sans précaution
dans l’angle mort
de l’absence
j’y trouve
une mer
encore vive
un lieu lointain
aussi
le goût amer
d’une langue
que le silence
habite

Francesca Woodman
.
ta voix
là où les choses ne peuvent s’extraire
de mon regard
elles me dépouillent
font de moi une barque sur un fleuve de pierres
si ce n’est ta voix
pluie seule dans mon silence de fièvres
tu me détaches les yeux
et s’il te plaît
que tu me parles
toujours
.
Alejandra Pizarnik
Francesca Woodman