j’ai
longtemps cru
que nos marées
un jour
finiraient
par s’accorder
mais elles roulent
l’une contre l’autre
indifférentes
sans jamais
s’éterniser

Caroline Dufour
–
pourquoi
faut-il
encore
que le matin
t’appartienne
comme si le jour
n’était jamais
qu’un jour de plus
comme si dans l’air
toujours
j’entendais
le bruit
de tes pas

le givre
les poumons
le ciel gris
le silence à même
les os
voilà tout
ce que j’ai – ami
à confier
je marche
entre deux bords
ma tête résonne
de peu
je vais
sans même savoir
si je vais
à l’endroit
où tu es

j’entrouvre le rideau
dans le ventre céleste
où nos sangs d’humains se mêlent
je marche vers la cuisine
toujours ce même rêve
d’embrasser l’insatiable sans y perdre le vent
et je pense à la mer
étendue et ouverte
sauvage et pleine d’ombre
(texte et image)