plus tard
au bas du poème
une main écrira –
« de n’y jamais percer que soi »
je ferai
comme de rien –
d’ailleurs
il n’est pas sur
que l’absence préfigure
la raison d’être
mais
je lirai ces mots
jusqu’à les faire
miens

Brigitte Perez
le givre
les poumons
le ciel gris
le silence à même
les os
voilà tout
ce que j’ai – ami
à confier
je marche
entre deux bords
ma tête résonne
de peu
je vais
sans même savoir
si je vais
à l’endroit
où tu es

j’entrouvre le rideau
dans le ventre céleste
où nos sangs d’humains se mêlent
je marche vers la cuisine
toujours ce même rêve
d’embrasser l’insatiable sans y perdre le vent
et je pense à la mer
étendue et ouverte
sauvage et pleine d’ombre
(texte et image)