dans le fauteuil
rouge
près de la fenêtre
mes yeux
traînent le jour
comme la nuit
les voix
ont déjà une part
d’ombre
l’autre monde
sans doute
commence ici

Ce soir
si j’écrivais un poème
pour la postérité ?
fichtre
la belle idée
je me sens sûr de moi
j’y vas
et
à
la
postérité
j’y dis merde et remerde
et reremerde
drôlement feintée
la postérité
qui attendait son poème
ah mais.
Raymond Queneau
entouré de mystères ce qui file
au tréfonds de lui-même ce sont des ces rêves que sans doute
il ne pourra réaliser
ces passions sans fondement auxquelles sa faim aspire
un amour sur le point d’être effacé
et lui qui a connu la honte de ce qui s’écrit sur la page blanche
lui s’embarquera dans le futur
Yoshimoto Takaaki
Adieu, dit-elle. Rendant close la ville.
Hier même, par son extrême absence,
ma chérie, la poupée d’argile,
sans autre avertissement s’est jetée dans le vide.
La bibliothèque s’effeuille. Les tableaux
se réduisent à de simples taches çà et là.
J’entends de tous côtés le grillon de la Lune.
Je descends, le cœur sur la main, par la voie morte
d’un mauvais rêve dont on ne peut plus se réveiller.
Roberto Sosa
La lune s’envase
jusqu’aux yeux
elle est à peine visible
je veux la guetter
écorcher son ventre blanc
et la préparer
sa viande a la saveur
du poisson de mer
Anise Koltz
Ade Adekola
« Plus j’aboutis à quelque chose d’éloigné de mon point de départ, plus je me dis que ça valait le coup d’y aller. Il y a ceux qui tiennent à faire ce qu’ils ont voulu faire, et ceux qui espèrent faire quelque chose qu’ils n’avaient pas voulu faire. Que ce soit en écrivant de livres ou des films, tout le processus pour moi, est d’attendre de l’inattendu, d’espérer de l’inespéré. » Emmanuel Carrère