il pleut dans la soleil
les arbres et les maisons sont plus graves
par la terre plus lourde je sais où tu es
quand se vident les yeux
et l’on voit l’espace à travers
Lorang Gaspar
« Plus j’aboutis à quelque chose d’éloigné de mon point de départ, plus je me dis que ça valait le coup d’y aller. Il y a ceux qui tiennent à faire ce qu’ils ont voulu faire, et ceux qui espèrent faire quelque chose qu’ils n’avaient pas voulu faire. Que ce soit en écrivant de livres ou des films, tout le processus pour moi, est d’attendre de l’inattendu, d’espérer de l’inespéré. » Emmanuel Carrère
Un même pan ferme le coin
Où l’air libre s’étend
Autour la corde glisse
Et l’eau monte
La pluie descend
Un homme tombe de fatigue
C’est le même qui tend sa main
On saute le mur du jardin
Le ciel est plus bas
Le jour baisse
La route court
Et le vent cesse
On pourrait croire qu’il est arrivé quelque chose
Mais rien
Pierre Reverdy (de Pierres blanches)
Choses et gens nous
entourent. Et les deux
déchirent l’œil.
Je suis assis sur un banc
du parc et je suis des yeux
une famille qui passe.
La lumière me répugne.
C’est janvier. L’hiver.
Selon le calendrier.
Quand le noir me répugnera,
alors je parlerai.
Joseph Brodsky
Cécile Hesse & Gael Romie
Carrare là où la campagne donne le marbre
Là où j’ai passé un été
Les alouettes il n’y en avait pas et les serpents ne sortaient pas
Le soleil simplement d’un tapis de prunes bleues est sorti
Puis vers le tapis de prunes bleues s’est incliné
Et l’adolescent dans la rivière attrapa un dauphin
Junzaburō Nishiwaki