.
il n’y a
dans la véranda
que la table où nous sommes où nous ne sommes
pas
quelque chose
n’est plus moi quand j’écris mais je t’écris encore
.
Eric Sautou
Fergus Padel
.
il n’y a
dans la véranda
que la table où nous sommes où nous ne sommes
pas
quelque chose
n’est plus moi quand j’écris mais je t’écris encore
.
Eric Sautou
Fergus Padel
.
Pas un rayon encore,
le vert sèvère des feuillages,
l’étendue du ciel pâle
et presque rien ne bouge
ni se fait entendre,
nous avons franchi la porte,
tiré les chaises et la table
devant ce paysage de l’aube
au sortir d’une nuit incertaine.
.
Paul de Roux
Zao Wou-ki
dans le fatras
obscur –
es-tu
seulement couchée ?
veille l’oiseau de proie
je prends ce silence
pour le mien –
dit l’oiseau
cherchons alors
ce qui manque
entre deux respirations

Marie Bouttier
un visage
à peine tracé
à qui je prête
des yeux
une bouche
et ce qui semble être
un souffle
je reste là
à regarder la lumière
ombrer les traits
quelque chose s’approche –
est-ce lui qui appelle
depuis le début
peut-être
le visage attendait
dans le papier
mon regard ne faisait
que l’y chercher

Joseph Hofer
.
.
Jours de pluie
Derrière mes barreaux je regarde
La fin des fleurs
.
Et voici le poème
La belle écume des choses
Qui tuent
Qui luttent contre la mort
Qui aiment au galop
.
Un lieu sûr c’est
Comme prier
Les mains coupeées
.
La tempête a laissé au jardin
Ce que j’assemble ici :
Un grand vide que le cœur emplit
Mais j’entends la nuit savez-vous
J’entends la nuit qui bouge
Dans le noir
.
Véronique Wautier
R. Michael Walker
l’oiseau et la proie
se tiennent
dans le même matin
entre eux
le ciel est ouvert
chacun porte en lui
la chute de l’autre
rien
n’a encore eu lieu

Laura Letinski
.
Pour seules vivres
l’os du chemin
rongé par la lumière
.
pauvre est le sol
où s’use la pierre
sous les rafales du vent
.
citernes vides
remplies d’échos
sources taries dans l’air hautain
.
le chemin n’est que poudre d’os
dans la paume de la terre
.
José-Flore Tappy
Serge Clément
il reste
encore sur ma joue
un gout de sel
je touche
mon visage
la peau semble fêlée
pourtant
rien n’apparait
peut-être
que le miroir ne sait pas
où regarder

Maria-Luisa Imperiali
.
Mes pieds
glissent
océan
agapes
la-haut, ils
les bons hommes
érigent des montagnes
c’est l’heure de sable
ça sent le parfait
jusque dans le ciel
il est temps de
poser mes falaises
au rythme
« Un deux – moins vite,
vois commes ça chaloupe »
des vagues
.
Anne-Laure Lussou
Can Dagarslani
.
Plage poussière
de soleils
unanimes
.
(égrénée
perd son compte
dans le découlement d’une identique l’autre
chaque fois différent)
.
Entre ses marbres
Infimes
suivent
des abimes de temps
.
Danièle Faugeras
Satoshi Morita