(de) De l’air

.

journée

le soir absorbe plus ou moins bien son poids

voilà tout

.

la mer n’aide pas on entend son bruit

de fond de mémoire sans cesse

sa lessive habituelle

.

continuer

pour quel plus loin d’air quel

espace encore à ouvrir

avec les dents les mains les mots

.

ne pas laisser comme c’est

.

Antoine Emaz

Francesco Roméro

(de) Journal du silence

.

Vendredi

Bureau, chaises et Mathilde en face.

Mathilde, 18 ans, intense inquiètante, sourcil noir épilé en une virgule arquée qui surmonte un regard brillant, fixe, étange. Un œil d’aigle. Il va falloir parler avec elle (Travailler avec les autres).

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Avril Caumes

Ulrike Hannemann

(de) Poème de la confusion

.

vrac intérieur

un jour ordinaire

et son poids

utile

.

on fait ce qu’il faut

sans recul

le soir

on boit on dort

.

il n’y a pas d’erreur

c’est la vie

.

Antoine Emaz

Peter Riesett

 (de) Un bruit de verre en elle

.

une femme elle reste à la fenêtre elle ne

se jette pas par-dessus bord elle n’ouvre

pas elle regarde la vitre ou quelque chose

dehors derrière la vitre on n’en sait rien

elle ne dit rien de ce qu’elle voit est-ce

qu’elle voit seulement et puis son front

il est collé ça fait de la buée sur cette vitre

qui la sépare du monde

.

Albanne Gellé

Nick Mehedin

sans titre

.

te laisse œuvrer sans contrainte

à l’extrème du blanc

.

plus de ciel mensongé

plus de faiblesse

une veine de voix irrigue ton front

d’une eau nouvelle

.

tu surgis du bosquet de cendres

nu

.

aiguisé

.

Alain Brissiaud

(de) D’écrire

.

souvent tu navigues à vue

dans l’éclatante ascèse

des solitudes

.

vers quel amer

qu’il suffirait de dire

pour le croire

.

de se rappeler

de l’arbre juste

du juste qu’on enlaçait

.

Adeline Baldachino

Chase C. Middelton

(de) Arrière-plans

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Dormeur solitaire

Je ne rêve rien

Qu’on ne puisse rêver

Je vois la nuit en face

sans me voir

quant à vous vous troublez

ça et le miroir

entre les vieux nuages

ainsi je ne suis seul qu’avec vous

et ma propre absence

prête à être écrite

.

Christophe Mahy

Hanna Putz

(de) Beaupré

.

il n’y a

dans la véranda

que la table où nous sommes où nous ne sommes

pas

quelque chose 

n’est plus moi quand j’écris mais je t’écris encore

.

Eric Sautou

Fergus Padel

Sans titre

.

Pas un rayon encore,

le vert sèvère des feuillages,

l’étendue du ciel pâle

et presque rien ne bouge

ni se fait entendre,

nous avons franchi la porte,

tiré les chaises et la table

devant ce paysage de l’aube

au sortir d’une nuit incertaine.

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Paul de Roux

Zao Wou-ki

 (de) Là où sont les oiseaux

.

Jours de pluie

Derrière mes barreaux je regarde

La fin des fleurs

.

Et voici le poème

La belle écume des choses

Qui tuent

Qui luttent contre la mort

Qui aiment au galop

.

Un lieu sûr c’est

Comme prier

Les mains coupeées

.

La tempête a laissé au jardin

Ce que j’assemble ici :

Un grand vide que le cœur emplit

Mais j’entends la nuit savez-vous

J’entends la nuit qui bouge

Dans le noir

.

Véronique Wautier

R. Michael Walker