(de) Le miroir des solitudes

.

Car, à cet instant, tu le pressens,

La réalité n’est pas achevée,

Pas encore construite, et demande à l’être comme l’est

Un fruit ouvert, dont on peut goûter la saveur, connaître

Le plaisir ; au fond, tout n’attend de toi

Qu’une seule chose : que tu lui livres en toi

Ce passage charnel

Vers sa plus intime légèreté, son être musical ;

.

Christian Monginot

Franck Creber

Comme une trace vérité

.

Comme une trace vérité
Un grand trou noir

L’autre
Une empreinte
Cendre
Jamais éteinte

Désir de paix
Sur un sol muet

Profondeur de l’oubli

Aimer
À perpétuité

.

Michèle Gautard

Gilles Daoust

(de) Lignes d’écriture

.

on s’interroge n’est-ce pas suffisant d’être là parmi tout ce qui s’offre sans fin
se sentant misérable

de n’en saisir
rien

n’est-ce pas suffisant d’être parmi les voix les corps de les toucher parfois d’être touché
et de sentir l’imperceptible

frémissement de
l’air

n’est-ce pas
suffisant

.

Christine Bloyet

Harold Feinstein

(de) La mer écrite

.

Ces cordages faits pour retenir les bateaux de rejoindre le vent et de s’y perdre.

La mer est toujours surveillée, vérifiée.

Dès fois qu’elle ne voudrait plus vivre.

Comme il y a des gens qui ne veulent plus partir mais seulement rester là, à vivre dans l’immobilité du temps.

.

Marguerite Duras

Hélène Bamberger

Un soleil

.

Je voulais savoir

qui

Tu

es. Ma nuit, c’est que jamais je

.

n’ai vu

qui

tu étais. Tu as disparu quand je t’ai demandé

pour la troisième

.

fois.

Je voulais que tu

dessines

un soleil

.

Jan Erik Vold

Tom Sandberg

(de) Jour des morts

.

Il y a un cimetière

ma main qui grince

sur le portail il y a

une tellement véritable allée

mes pieds sur le gravier

j’avance les fleurs sont

je me penche fatalement

jaunes où tu demeures

.

Chantal Ravel

Ni Tanjung

Denise Desautels

.

« Comme poète, il me semble qu’on est toujours en danger de répétition. De piétinement. Avec le temps, on arrive à se créer un langage, un univers, un style, quelque chose de précieux avec lequel on se sent à l’aise et qu’on devrait pouvoir pousser toujours plus loin, transformer à sa guise. Or, je n’ai jamais été sûre d’avoir cette aptitude naturelle pour la métamorphose » – Denise Désautels

(de) L’œil se scrute »

.

arrachés

à la grotte

.

coupés

de la terre

par la soif

.

de la main

par le doute

.

du verbe

par les mots

.

coupés

de nous-même

par l’œil

insatiable

.

tant de fois

orphelins

.

et nous

cherchons

la mère

.

Charles Juliet

Olivier Debré

(de) Le bruit des abeilles 

.

cela s’approche

fait frémir les buissons

où les oiseaux se taisent

.

cela vient de loin

.

si je n’étais pas encore née

ce serait un bruit d’eau

.

Cécile Guivarch

Erika Huffman

(de) Terre mentale

.

Je te cache

dans la pulsation.

.

Tu n’es plus.

Deux fois.

Noir

noir

entre les yeux

ne se détachait

de l’angle.

.

Esther Tellerman

Rosalind Fox Solomon