En chemin



le vent passe

encore chaud

il laisse

sur la peau

une trace

aussi légère qu’un jour

amoureux

moi ?

je ne cherche rien

je regarde

le mouvement des choses

je reprends la lenteur

oubliée

George Kamelakis

Le long silence


le monde

se déplie

où nos corps

ne pèsent presque

plus


un voile

un passage d’air

le jour hésite


le silence

est bien plus lumineux

que tout

ce qui nous est acquis

Jean Michel André

L’eau du jour



le cœur

change de rive

il ne serre plus

s’éloigne

il écoute la rumeur

des herbes

le vent clair

l’oiseau qui crie

il sait

désormais

qu’un passage

existe

Bruno Fert

L’attente



le pas posé

sans témoin

la main laissée

ouverte

de quelque chose

qui ne promet rien

insiste

plus que le poing levé

ou des mots trop sûrs –

le souffle

au milieu de la nuit

Kile Thomson

En hiver




un trait d’écume

se forme

sous nos pieds

un geste

sans mémoire

qui revient –

dis-tu

sans que le rivage

ne se lasse

Constantine Manos

Développement personnel



voyage

du souffle de la poitrine

à la mer

le temps oublie

enfin

son décompte immarcescible

et dans le vent où la langue se tord

s’incline

l’ombre

bouffie d’orgueil devine

la lumière

Bernard Drouillet

Couchant


le long du soir

l’œil se mêle

à la rumeur des pierres

j’égrène les ombres lasses

les lieux

par où l’amour est passé

ma langue

a le gout de la cendre

et n’en déplaise

à ma propre écriture

je me souviens

autant du miroir

tremblé

que du visage pleurant

Caroline Dufour

Si ce n’est toi




la mer

plus sourde

plus lente

avec un trait d’écume

sans cesse

à l’abord du rivage

l’air retient

la chaleur du jour

la main s’y accroche

comme un oiseau au ciel

le silence

du poème pour ne rien

érafler

Valentina Luraghi

Sortilège



Sortilège

incassable

est le récit

où je m’enferme

chaque soir

un peu plus

pluie

poussière

ce fil de lumière

quelques mots

juste assez

pour que nos yeux

dans l’eau

se troublent

sans se perdre

Jason Decaires

Ainsi le soir



ton visage

se détourne vers un rang

de pierres desséchées

juste en dessus

la lenteur rousse boit

la lumière du soir

je te parle – encore des mots

sans adresse

ni poids

comme si les ronces étaient

la seule conscience

du jardin

Michel Dheurle