un jour
sans cause
sans nom
la porte cède
l’hiver entre
d’un seul coup
l’air tranche
la chambre se retire
le corps se blottit
contre sa propre épaule
plus rien ne tient
on est
ce qui reste quand
tout se tait
morceau d’une chose qui a été déchirée
un jour
sans cause
sans nom
la porte cède
l’hiver entre
d’un seul coup
l’air tranche
la chambre se retire
le corps se blottit
contre sa propre épaule
plus rien ne tient
on est
ce qui reste quand
tout se tait
à l’heure dite
le vent effleure les pierres
une présence proche
rase le sol – sans doute
l’humeur lasse
d’une bête
et juste au-dessus
ces oiseaux noirs
comme figés
dans le ciel
le temps suspendu
ces longues bandes
de lumière

Maude Schuyler Clay