des traits
remontent le soir
en surface
un souffle
un mot à demi
parfois les rendent
à la vie
d’autres fois
ce sont
des corps entiers
qui reviennent
jusqu’ici
rêver à pas lents

James Reddintonmorceau d’une chose qui a été déchirée
le givre
les poumons
le ciel gris
le silence à même
les os
voilà tout
ce que j’ai – ami
à confier
je marche
entre deux bords
ma tête résonne
de peu
je vais
sans même savoir
si je vais
à l’endroit
où tu es

un peu plus
chaque jour
la vague barre
le chemin
d’abord
un œil
halluciné
puis ce bras d’écume
en plein remous
qui présage
aussitôt
un déchaînement

Carlo Zinelli
.
« Le poème se fout de l’égalité
des rayons du cercle ou que deux plus deux fassent
fatalement quatre il est d’ailleurs le seul
espace vital où la loi devient folle
mange l’irréversible et retourne la mort
il n’est tel qu’en lui-même que hors de lui
devenu souffle en tête et buée verbale
phénix d’air toujours naissant sur quelque lèvre »
.
Bernard Noël
.
un sol
avec trois coquilles –
fruits anciens
que la mousse
a gagnés
l’eau –
un jus noir
et puant qu’une pompe –
sans fin soulève
et repose
cette enfant – le vert
de ses yeux – le matin
qui jette des miettes
du haut
des cieux

Marta skyro