Les pensées sont à l’arrêt
comme les carreaux de faience
de la cour du palais.
–
Thomas Transtromer (in « La Grande Énigme)
http://www.bussoga.com/index.html
Les pensées sont à l’arrêt
comme les carreaux de faience
de la cour du palais.
–
Thomas Transtromer (in « La Grande Énigme)
http://www.bussoga.com/index.html
de ta bouche
la fumée qui grossit
le frimas parisien
ciel de novembre
l’acier grince
et sous le ventre
des chevaux de bois
l’herbe grise
s’enroule –
la robe ivoire
du demi-sang
qui t’emporte
son regard
halluciné

A côté de toi
qui dors d’un sommeil léger
dans ce sac de voyage
des recueils de poèmes d’amour
anciens et nouveaux.
Yosano Akiko
–
http://www.chrystelmialet.com/
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ni la ville
par instant
quand la porte
s’ouvre
ni la voix
cassée
de cette femme
au verso
ni le rose
épice
qui fond
dans l’assiette
ni l’or
du silence
trouvé
en chemin

Foret paisible, silencieuse, comme des brumes tissées
Montagne froide, toute la région, verte et désolée
Le crépuscule pénètre la maison élevée
Quelqu’un à l’étage, mélancolique, en vain
Attend debout sur le perron de jade
Les oiseaux passent la nuit et s’envolent, retour en hâte
Quelle sorte d’état est le trajet du retour ?
Et les refuges lointains succèdent aux gites proches…
Li PO (alias Li Taibai)
–
Isak Dinessen disait qu’elle écrivait un peu chaque jour, sans espoir, et sans désespoir. Un jour, j’inscrirai cette phrase sur une fiche de format 12.5 x 17.5 et je la scotcherai au mur, au dessus de mon bureau.
Des fiches comme celle-là, il y en a déjà quelques unes sur mon mur. « L’exactitude foncière de l’expression est la SEULE morale de l’écriture ! » (Ezra Pound). C’est loin d’être tout, bien entendu, mais un écrivain qui a « l’exactitude foncière de l’expression », a au moins pris un bon départ.
Sur une autre fiche, j’ai inscrit ce fragment de phrase péché dans une nouvelle de Tchékhov : « …et en un éclair, il comprit tout ». Ces quelques mots me paraissant chargés d’émerveillement et riches de tous les possibles. Leur clarté simple et dépouillée me plait infiniment, tout comme l’espèce d’illumination qu’ils suggèrent. Qu’est ce qui est resté obscur jusque là ? Pourquoi la lumière à ce moment là et pas à un autre ? Qu’est-il arrivé ? Et surtout que faire à présent ?
J’ai entendu le romancier Geoffrey Wolff s’exclamer un jour devant un groupe d’étudiants en écriture : « Pas de grosses ficelles ». Cette phrase-là, il faudrait aussi l’inscrire sur une fiche.
in « Les feux » / 1983
Poussière fine et sèche dans le vent,
Je t’appelle, je t’appartiens.
Poussière, trait pour trait,
Que ton visage soit le mien,
Inscrutable dans le vent.
Jacques Dupin
–
http://www.wikiart.org/en/zao-wou-ki/vent-et-poussi-re-1957#close
L’homme bien portant, il ne fait pas d’art, il va à la chasse. L’homme bien portant, c’est le sauvage, le barbare. Tant que vous n’êtes pas névrosé quelque part, tintin. Une des grandes sources de l’art, c’est le onze degré. Il n’y a pas un seul écrivain qui n’était pas malade. Sauf le Victor Hugo, ce gros con. Ça m’a tellement chagriné que j’ai fini par fouillé, par gratter ; or il avait été syphilitique. Voilà le problème est réglé, il n’y a pas un cas. C’est donc que l’art est un truc de malade (rires)… Le reste du monde joue au football.
Louis Calaferte / Les Inrockuptibles – 10 ans l’album / 1996
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Porte close, épais silence
Fenêtre opaque, pièce vide
J’aime cette retraite
A quoi bon les montagnes ?
https://www.quora.com/What-are-some-great-Japanese-artworks-that-depict-Chinese-subjects